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Cancer et inégalités : les plus pauvres en grande danger

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Chaque année en France, le cancer cause la mort de plus de 160 000 personnes, dont 90 900 hommes et 71 500 femmes en 2021. Il s’agit de la première cause de mortalité dans le pays. Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée le 4 juin, met en lumière l’impact du niveau social sur les risques de développer certains cancers.

Selon cette étude, les personnes les plus défavorisées sont particulièrement vulnérables. Par exemple, le cancer du poumon touche beaucoup plus souvent les populations modestes : entre 2013 et 2020, le risque de développer un cancer du poumon chez les hommes appartenant aux 10 % les plus modestes était 2,2 fois plus élevé que chez ceux des 10 % les plus aisés, indique la Drees.

Des cancers évitables et plus agressifs chez les populations défavorisées

Les cancers liés à des facteurs de risque connus et évitables — tels que le tabagisme, la consommation d’alcool, l’obésité, l’alimentation ultra-transformée ou la sédentarité — sont plus fréquents chez les populations modestes. Ces groupes ont également moins accès aux dispositifs de prévention et de dépistage.

La Drees précise que les populations plus aisées ont davantage de réussite dans le dépistage des cancers évitables et dans la détection précoce des cancers. En revanche, chez les personnes en situation de précarité, les cancers sont souvent diagnostiqués à un stade avancé, parfois métastatique, ce qui réduit leurs chances de survie.

Malgré une baisse constante de la mortalité liée au cancer depuis 25 ans, les personnes défavorisées sont aussi plus touchées par les formes plus agressives. Ces formes plus graves sont associées à une moindre probabilité de survie. L’étude pointe notamment que, pour certains cancers dépistables, les diagnostics sont souvent posés trop tard, lorsque la maladie est déjà avancée. Cela reflète aussi des inégalités dans l’accès au dépistage.

Les populations plus aisées aussi concernées

Ce qui peut surprendre, c’est que certains cancers, comme ceux du sein (le plus fréquent chez la femme) et de la prostate (très courant chez l’homme), apparaissent plus souvent chez les catégories sociales supérieures. Pour le cancer du sein, cela s’expliquerait notamment par le fait que les femmes avec un niveau de vie élevé utilisent plus fréquemment la contraception orale et ont tendance à avoir des enfants plus tard, deux facteurs de risque connus.

Concernant la prostate, la fréquence plus élevée chez les hommes aisés pourrait s’expliquer par leur recours accru au dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA). Cet examen sanguin aide à détecter précocement la maladie, souvent asymptomatique, ce qui augmente la probabilité d’un diagnostic précoce chez ces populations.

Une difficulté d’accès au dépistage

Les résultats de l’étude s’inscrivent dans la continuité d’une enquête menée par la Drees en février 2026. Elle révélait que les populations modestes recourent moins souvent aux dépistages nationaux, en raison de freins financiers, d’un manque d’informations ou d’un accès limité à ces dispositifs.

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