Un néphrologue précise la quantité d’eau minimale à boire chaque jour
Il est souvent conseillé de boire entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour, mais d’où vient ce chiffre ? Lors de son passage fin octobre 2025 dans l’émission « Saber Vivir » sur la télévision publique espagnole, le néphrologue Borja Quiroga, expert reconnu en maladies rénales en Espagne, a clarifié la question. Selon lui, pour maintenir des reins en bonne santé, la quantité minimale d’eau à consommer chaque jour se situe plutôt entre 1,2 et 1,3 litre, à condition de rester au repos et en bonne santé.
Les reins filtrent le sang en permanence pour éliminer toxines et déchets métaboliques via l’urine. En cas de consommation insuffisante d’eau, leur capacité à filtrer est compromise, ce qui peut augmenter la concentration d’urine et mettre en danger la fonction rénale. À l’inverse, boire bien au-delà de ses besoins ne permet pas de « nettoyer » davantage les reins. Cela ne fait que forcer ces derniers à évacuer l’excès d’eau, sans bénéfice supplémentaire. La clé est donc de connaître ce seuil minimal réaliste.
Pourquoi un minimum d’eau est nécessaire pour les reins
Pour Borja Quiroga, deux chiffres résument la situation. D’abord, le rein a besoin d’environ un demi-litre d’eau par jour pour éliminer les toxines produites quotidiennement. Il précise que cette valeur reste une estimation, car elle peut varier selon chaque personne. Ensuite, il faut prendre en compte les « pertes insensibles » : l’eau qui s’échappe par la peau, la transpiration discrète et la respiration. Ces pertes sont évaluées à 700 à 800 millilitres par jour.
En additionnant ces besoins, on arrive à une consommation minimale de 1,2 à 1,3 litre d’eau par jour. Ce volume permet aux reins de fonctionner correctement et de filtrer le sang comme il faut.
Faut-il boire beaucoup pour protéger ses reins ?
Le spécialiste rappelle qu’avoir une urine très claire ne signifie pas que les reins sont mieux « nettoyés ». En réalité, les reins ont la capacité de concentrer ou de diluer l’urine. Si l’on boit beaucoup, ils diluent simplement l’urine, qui devient transparente. Une diurèse abondante ne reflète pas une meilleure élimination des toxines, mais indique que le rein suit le débit d’eau ingérée.
Il existe aussi des risques à boire en excès. Un apport massif peut entraîner une hyponatrémie, une baisse du sodium dans le sang, pouvant provoquer nausées, maux de tête et même des convulsions.
Recommandations pour une consommation adaptée
Pour un adulte en bonne santé, sans fièvre ni activité physique intense, dans un climat tempéré, la quantité minimale d’eau recommandée se situe entre 1,2 et 1,3 litre par jour. Ce chiffre, considéré comme un repère de base, doit être ajusté en fonction des pertes supplémentaires. L’Assurance Maladie française recommande généralement entre 1 et 1,5 litre de boissons par jour.
Il faut également prendre en compte l’eau apportée par l’alimentation, notamment fruits, légumes, soupes ou yaourts. Certaines situations, comme l’activité physique, la chaleur, la fièvre ou des troubles digestifs, augmentent les besoins en hydratation.
Les personnes souffrant d’insuffisance rénale, d’insuffisance cardiaque ou présentant des œdèmes doivent suivre des recommandations précises et ne pas augmenter leur consommation d’eau sans avis médical. Pour la majorité des adultes, des indications simples existent : urines plutôt claires mais pas totalement incolores, absence de maux de tête liés à la déshydratation, soif modérée répartie tout au long de la journée. En cas de doute, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.






