Une hausse des intoxications à la vitamine D
Dans son service d’endocrinologie à l’hôpital Son Llàtzer de Majorque, le médecin Antelm Pujol constate une augmentation des patients intoxiqués à la vitamine D. Alors que les rayons des pharmacies sont remplis de flacons promettant énergie et immunité, beaucoup se demandent s’ils doivent prendre des compléments, surtout en hiver, pour renforcer leur santé.
Une prise de vitamine D souvent mal encadrée
Selon le spécialiste, la supplémentation en vitamine D est souvent prise à la légère. « Très souvent, elle est effectuée sans vérifier si elle est nécessaire ni connaître le bon dosage », explique Antelm Pujol. Il précise que si les compléments peuvent corriger une carence, ils ne remplacent pas une bonne hygiène de vie. Un excès peut même entraîner une hypervitaminose D, avec des complications graves, notamment des atteintes rénales.
La vitamine D, un nutriment essentiel mais pas sans risques
La vitamine D joue un rôle clé dans l’absorption du calcium et du phosphore. Elle est essentielle pour la santé des os et des muscles. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) estime que la consommation alimentaire moyenne des adultes est d’environ 3,1 microgrammes par jour, alors que la référence recommandée est de 15 microgrammes. Cela explique l’intérêt croissant pour la supplémentation. Le corps peut aussi produire cette vitamine grâce à une exposition régulière au soleil.
Quand recourir à la supplémentation
La supplémentation en vitamine D consiste à prendre des compléments ou des médicaments pour traiter ou prévenir une carence confirmée. Cela peut être conseillé pour les personnes âgées, celles qui sortent peu, ont la peau foncée, un surpoids ou certaines maladies osseuses. Dans ces cas, un dosage sanguin de 25-hydroxyvitamine D est réalisé, et un schéma thérapeutique est établi avec un médecin, parfois sous forme de médicament plutôt que de simple complément.
L’importance d’un mode de vie sain
Selon le médecin, la priorité doit être donnée à une bonne hygiène de vie : une alimentation équilibrée, du repos, de l’exercice physique. « Si ces aspects ne sont pas assurés, prendre un complément n’a pas de sens », insiste-t-il. Le complément peut venir en soutien, mais ne doit jamais se substituer à de bonnes habitudes quotidiennes.
Une vie saine inclut une alimentation variée, la pratique régulière d’une activité physique, un sommeil suffisant, une consommation modérée d’alcool, l’absence de tabac, et des relations sociales enrichissantes. Manger du poisson gras, des œufs, des produits laitiers enrichis, et s’exposer au soleil contribuent à couvrir une partie des besoins en vitamine D, tout en favorisant la santé globale. Le médecin souligne que ce sont surtout les habitudes de vie qui ont le plus d’impact sur la santé, bien plus que n’importe quel supplément.
Les risques de surdosage et d’hypervitaminose D
Les cas d’hypervitaminose D, observés en milieu hospitalier, proviennent presque toujours d’un excès de compléments. L’alimentation ou l’exposition au soleil sont rarement en cause. L’Office of Dietary Supplements des National Institutes of Health indique que des taux sanguins de 25(OH)D supérieurs à 150 ng/mL s’accompagnent souvent d’hypercalcémie, qui peut entraîner des calculs rénaux, une atteinte rénale chronique ou des troubles du rythme cardiaque.
En pratique, la limite supérieure tolérable pour un adulte est fixée à 4 000 UI par jour. La dépasser durablement, notamment en cumulant plusieurs produits, augmente considérablement le risque de complications. En France, l’ANSM met en garde contre la prise simultanée de médicaments et de compléments contenant de la vitamine D. Des cas de surdosage chez les nourrissons ont aussi été rapportés, ce qui incite à privilégier les formes médicamenteuses prescrites par un professionnel.
Les signes d’un excès incluent une soif intense, des nausées, des vomissements, une grande fatigue ou des douleurs abdominales. En cas de suspicion, surtout si plusieurs produits sont utilisés, il est important de consulter rapidement un médecin.






