Une majorité de femmes sous contraception inadaptée
La fondation Agir pour le cœur des femmes a publié une étude sur la santé cardiovasculaire et gynécologique des Françaises. Selon l’Observatoire national de la santé des femmes, plus de 40 % des femmes reçoivent une contraception œstroprogestative qui ne correspond pas à leurs facteurs de risque cardiovasculaire. Lorsqu’on prend en compte les antécédents familiaux, ce taux grimpe à près de 60 %.
Pour parvenir à ces chiffres, la fondation a analysé les dossiers médicaux de 15 000 femmes âgées de 15 à 85 ans. Ces données proviennent des dépistages organisés par le Bus du cœur des femmes. Parmi les facteurs de risque identifiés, on trouve notamment l’hypertension, les antécédents familiaux cardiovasculaires, ainsi que la combinaison d’un âge supérieur à 35 ans avec le tabac ou l’obésité. La fondation estime que 40 % des prescriptions d’œstroprogestatifs sont inadaptées pour les femmes présentant plusieurs facteurs de risque.
La contraception œstroprogestative n’est pas adaptée à toutes
Une contraception œstroprogestative combine un œstrogène de synthèse et un progestatif. Elle peut se présenter sous différentes formes, comme la pilule, l’anneau vaginal ou le patch. Selon la gynécologue Geneviève Plu-Bureau, qui a coordonné l’étude, certains cas sont des contre-indications à cette contraception, notamment les migraines avec aura, l’hypertension même stabilisée, les antécédents familiaux liés aux maladies artérielles ou un cholestérol non contrôlé.
Les données de la fondation montrent que l’utilisation d’un contraceptif combiné chez une femme présentant ces facteurs de risque peut augmenter le danger d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus ou d’embolie pulmonaire. La cardiologue Claire Mounier-Véhier, cofondatrice de l’initiative, insiste : « On n’a pas le droit de mourir parce qu’on est soumis à une mauvaise contraception. »
Une mortalité préoccupante liée aux maladies cardiovasculaires
Selon la cardiologue, une femme décède toutes les sept minutes en France d’une maladie cardiovasculaire. Sur BFM TV, elle rappelle l’importance du rôle des professionnels de santé lors du renouvellement des prescriptions : « Les médecins doivent poser les bonnes questions, car il existe des contre-indications. » Par exemple, chez une femme qui présente des migraines et fume, la prise d’œstrogènes de synthèse multiplie par 30 le risque d’infarctus et par 64 celui d’AVC.
La fondation souligne qu’il existe des alternatives pour ces femmes à risque, comme les médicaments uniquement à base de progestatif ou le stérilet. Elle rappelle également que chaque jour, environ 200 femmes meurent en France d’une maladie cardiovasculaire, soit une toutes les sept minutes. Par ailleurs, 8 femmes sur 10 n’ont pas de suivi cardiovasculaire, alors que 36 % d’entre elles ont déjà connu un accident cardiaque. Près des deux tiers présentent des symptômes d’alerte, tels que palpitations, essoufflement, douleurs thoraciques ou malaises.






