Vitamine D en supplément : un néphrologue met en garde contre les risques de calculs rénaux
En France et en Espagne, de plus en plus de personnes utilisent des flacons de vitamine D sans prescription médicale. Souvent pris pour lutter contre la fatigue ou renforcer l’immunité, ces compléments sont désormais courants dans les armoires à pharmacie. Pourtant, un spécialiste espagnol, le néphrologue Borja Quiroga, rappelle que la vitamine D peut devenir dangereuse si elle est consommée en excès.
La vitamine D augmente l’absorption du calcium dans l’intestin. Lorsqu’elle est prise en grande quantité ou sur une longue période, cela peut favoriser la formation de cristaux, surtout chez les personnes déjà fragiles. Selon le National Institutes of Health, une surcharge en vitamine D peut provoquer une hypercalcémie (trop de calcium dans le sang), une hypercalciurie (excrétion excessive de calcium dans les urines) et, dans les cas graves, une insuffisance rénale aiguë. La question est : à partir de quand ce supplément « de confort » devient-il un facteur de risque nécessitant une intervention d’urgence ?
L’alerte du néphrologue
Lors de ses consultations, Borja Quiroga constate une augmentation des dégâts liés à une supplémentation abusive. Dans une interview publiée par le quotidien La Vanguardia et relayée en septembre 2025 par El Confidencial, il explique avoir rencontré des patients avec des reins remplis de calculs. Ces personnes prenaient de la vitamine D sans réelle nécessité, parfois depuis plusieurs mois.
Pour ce spécialiste, la supplémentation devrait être réservée à des cas précis, comme l’ostéoporose ou certaines maladies rénales, et toujours après un bilan médical. Il insiste sur le fait que chez les personnes en bonne santé, la vitamine D ne diminue pas le risque de maladies cardiovasculaires, ne prévient pas les tumeurs et n’évite pas les fractures. Il critique également la tendance à donner des compléments en vitamine D aux enfants sans justification scientifique.
Comment l’excès de vitamine D favorise la formation de calculs
Le mécanisme est simple. La vitamine D augmente l’absorption du calcium dans l’intestin. Si l’apport est trop élevé ou maintenu dans le temps, une partie du calcium en excès se retrouve dans les urines. Cela peut conduire à une hypercalciurie, un terrain favorable à la formation de calculs rénaux. Selon le NIH, les intoxications à la vitamine D proviennent presque toujours de compléments, et non de l’alimentation ou de l’exposition au soleil. Ces intoxications peuvent entraîner des lithiases et une dégradation de la fonction rénale.
Une étude, la Women’s Health Initiative, a montré que des femmes prenant chaque jour 1 000 mg de calcium et 400 UI de vitamine D avaient environ 17 % de calculs rénaux en plus après sept ans, par rapport à celles sous placebo.
Signes d’alerte et conseils pour éviter les risques
Les premiers symptômes d’un surdosage ressemblent à ceux d’une hypercalcémie : nausées, perte d’appétit, constipation, fatigue, soif intense, besoin fréquent d’uriner, et parfois douleurs osseuses ou abdominales. Si l’excès se prolonge, cela peut entraîner la formation de calculs dans les reins, provoquant de violentes coliques néphrétiques.
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament souligne l’importance de ne pas dépasser la dose recommandée. Il faut faire attention à la somme de tous les apports en vitamine D, qu’ils proviennent d’ampoules, de gouttes, de vitamines ou d’aliments enrichis.
Pour mieux se protéger, il est conseillé de se poser quelques questions avant de prendre des compléments :
- Combien de produits contenant de la vitamine D consommez-vous ?
- Utilisez-vous également des compléments de calcium ou des laits enrichis ?






