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Décès liés à l’alcool et au cancer : une explosion alarmante en trente ans

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Une augmentation alarmante des décès liés à l’alcool et au cancer

Selon une étude publiée dans The Lancet, le nombre annuel de décès attribuables à des cancers liés à la consommation d’alcool a plus que doublé en trente ans. En 1990, on recensait 11 361 morts, contre 23 126 en 2023. Cette hausse intervient malgré une diminution globale de la mortalité par cancer dans cette période, qui a reculé d’environ 29 % chez les femmes et de 34 % chez les hommes.

Il est important de noter que cette augmentation ne signifie pas que le risque individuel de développer un cancer a doublé. Le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de personnes consommant de l’alcool jouent également un rôle. De plus, certains cancers peuvent mettre plusieurs années, voire plusieurs décennies, à se développer. Les décès actuels pourraient donc être liés à des habitudes de consommation anciennes.

Les personnes de plus de 55 ans plus exposées

Les statistiques montrent que les personnes âgées de 55 ans et plus sont les plus touchées par cette hausse. Dans cette tranche d’âge, le taux de mortalité liée aux cancers attribuables à l’alcool atteint 19,2 pour 100 000 habitants, contre seulement 2,4 pour 100 000 chez les 20-54 ans. Le professeur Chinmay Jani, de l’Université de Miami, souligne que beaucoup de gens savent que l’alcool peut endommager le foie, mais peu savent qu’il est aussi cancérigène par lui-même.

Le cancer du foie reste fortement associé à la consommation d’alcool. En 2023, son taux de mortalité chez les plus de 55 ans s’élevait à 12,7 pour 100 000. L’étude indique une progression de 113,9 % de la mortalité attribuable à l’alcool pour ce cancer depuis 1990. D’autres organes sont également concernés par cette tendance.

Les autres cancers touchés par l’alcool

Chez les femmes de 55 ans et plus, le cancer du sein est le plus associé à la consommation d’alcool, avec un taux de mortalité de 2,4 pour 100 000 en 2023. Chez les 20-54 ans, le cancer colorectal est également en hausse chez les hommes, avec 0,9 pour 100 000, tout comme le cancer du sein chez les femmes, au même taux.

L’alcool agit sur plusieurs parties de l’organisme. Son principal composant, l’éthanol, est transformé en acétaldéhyde, une substance cancérigène capable d’endommager l’ADN. L’alcool peut aussi favoriser l’inflammation et modifier les hormones. Les tissus de la bouche, de la gorge et de l’œsophage sont directement exposés, tandis que l’augmentation des œstrogènes peut augmenter le risque de cancer du sein. La relation avec le cancer du pancréas reste moins claire et nécessite davantage de recherches.

Existe-t-il un niveau d’alcool sans risque ?

Les auteurs de l’étude affirment qu’il n’existe pas de seuil d’alcool considéré comme totalement sans danger pour le cancer. Le risque augmente avec la quantité consommée, même à faibles niveaux de consommation. Pour certains types de cancer, comme celui du sein, une augmentation du risque a été observée même avec une consommation modérée.

Les chercheurs recommandent aux personnes qui boivent régulièrement de réduire la quantité et la fréquence de leur consommation. Cette démarche reste valable même à un âge avancé. Selon eux, il ne faut pas se dire : « J’ai bu pendant des décennies, cela n’a plus d’importance ».

Ils insistent aussi sur l’importance de prendre conscience des risques. L’objectif n’est pas d’interdire, mais d’éclairer les choix. Il est essentiel que chacun sache que le cancer fait partie des risques liés à la consommation d’alcool.

Source : Alcohol-attributable cancer mortality in the United States, 1990–2023 : a secondary analysis of Global Burden of Disease data, The Lancet, septembre 2026

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