Un nouveau traitement par comprimé pour l’apnée du sommeil
Les appareils à pression positive continue (PPC) restent la principale solution pour traiter l’apnée obstructive du sommeil. Ces dispositifs envoient un flux d’air constant dans les voies respiratoires, mais leur utilisation peut être difficile pour certains patients. En effet, ils doivent être portés toute la nuit, ce qui peut poser problème : certains ne supportent pas le traitement sur le long terme, d’autres le refusent complètement. Résultat : une partie des personnes souffrant d’apnée du sommeil reste sans traitement ou peu prise en charge.
Pour ces patients, une nouvelle option est en cours d’étude : un comprimé à prendre une fois par nuit, capable de réduire les interruptions respiratoires sans recourir à une machine.
Comment fonctionne ce nouveau médicament ?
Ce comprimé combine deux médicaments, l’aroxybutynine et l’atomoxétine. Son objectif est d’agir sur les muscles de la gorge, qui jouent un rôle dans le maintien des voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Chez les personnes atteintes d’apnée obstructive, ces voies peuvent se fermer ou se rétrécir plusieurs fois durant la nuit. Ces épisodes interrompent la respiration et diminuent le taux d’oxygène dans le sang. Le traitement vise à rétablir le bon fonctionnement neuromusculaire de ces muscles pour éviter ces pauses respiratoires.
Ce médicament expérimental a été testé sur une période de six mois par des chercheurs de l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis. L’étude, appelée SynAIRgy, a impliqué 646 participants issus de 69 centres situés aux États-Unis et au Canada. L’âge médian des participants était de 58 ans, et environ la moitié étaient des femmes. Parmi eux, 35 % souffraient d’une forme légère, 42 % d’une forme modérée, et 23 % d’une forme sévère d’apnée du sommeil. Les résultats montrent une réduction de 44 % des pauses respiratoires, ainsi qu’une amélioration de l’oxygénation pendant le sommeil.
Une alternative prometteuse à la PPC
Pour certains patients, les effets du traitement ont été suffisamment importants pour modifier la gravité de leur apnée. Plus de 40 % ont vu leur état s’améliorer au point de passer à une forme moins sévère, et 18 % ont été complètement libérés des symptômes, selon les résultats présentés.
Le professeur Patrick Strollo, principal auteur de l’étude, souligne que ces résultats sont encourageants. Ils montrent que cibler le dysfonctionnement neuromusculaire peut avoir des effets cliniques significatifs. Ce traitement pourrait également élargir le panel des options thérapeutiques pour les patients qui ne peuvent pas suivre ou tolérer la PPC aujourd’hui.
Cependant, cette étude de phase 3 a aussi révélé des effets secondaires. Parmi eux, la bouche sèche, les nausées, l’insomnie et des difficultés à uriner. De plus, 21,2 % des participants ayant pris le comprimé ont arrêté le traitement à cause des effets indésirables, contre seulement 3,1 % dans le groupe placebo.
Source : Aroxybutynin and atomoxetine (AD109) for obstructive sleep apnea: a randomized phase 3 trial (SynAIRgy), American journal of respiratory care medicine, août 2026






