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Vapotage : un danger silencieux pour votre santé cet hiver

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Un pneumologue alerte sur les risques liés au vapotage

Selon un pneumologue, le vapotage n’entraîne pas les mêmes maladies que le tabac traditionnel. Cependant, il pourrait favoriser les infections respiratoires. Cet hiver, les cabinets de pneumologie ont constaté une augmentation de patients jeunes, passant de la cigarette au vapotage, qui présentent des rhumes, bronchites ou bronchiolites, notamment chez leurs enfants.

Le tabac fumé reste la principale cause de cancers et de bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), avec un niveau de preuve très élevé. La cigarette électronique, elle, est utilisée par plus de 3 millions de Français, soit environ 6 % de la population adulte, selon Santé publique France. Moins de goudrons et l’absence de combustion semblent réduire certains risques, mais un autre problème apparaît : la diminution de l’efficacité des défenses des voies respiratoires face aux virus et bactéries.

Différences et similitudes entre tabac et vapotage

Fumer implique de brûler du tabac, ce qui libère des milliers de substances toxiques. Vapoter consiste à chauffer un liquide composé principalement de propylène glycol, glycérine végétale, arômes et souvent de nicotine. L’ANSES indique que l’aérosol inhalé contient néanmoins des composés irritants, comme certains aldéhydes, pouvant agresser les bronches.

Dans les deux cas, la première cible des substances est la barrière épithéliale qui recouvre nez et bronches, essentielle pour l’immunité innée.

Pour l’Assurance Maladie, « aucun effet du vapotage constaté ne dépasse en gravité ou en niveau de preuve ceux du tabac fumé ». Cependant, un rapport de l’American Academy of Allergy, Asthma and Immunology révèle que chez les vapoteurs, « six fois plus de gènes de l’immunité étaient réprimés » comparé à des non-fumeurs, ce qui suggère une diminution des capacités de défense contre les agents infectieux.

Comment le vapotage favorise-t-il les infections respiratoires ?

À l’échelle microscopique, le vapotage agit sur la barrière épithéliale, notamment en affectant ses « jonctions serrées » qui empêchent virus et bactéries de pénétrer. Des recherches menées par la Cleveland Clinic montrent que, dans un modèle de bronches humaines exposées à de la nicotine en aérosol, l’infection par le virus respiratoire syncytial (RSV) doublait par rapport à un air filtré.

Par ailleurs, la clairance mucociliaire, ce système qui élimine microbes et débris, semble également perturbée chez les vapoteurs, selon plusieurs études. Une recherche utilisant un vaccin antigrippal vivant atténué a relevé chez les vapoteurs des modifications dans les réponses immunitaires nasales, suggérant un risque potentiel pour leur défense antivirale.

Chez la souris, deux semaines d’exposition à un aérosol de e-cigarette ont entraîné une baisse de survie et une charge plus élevée après infection par Streptococcus pneumoniae ou virus influenza A. D’autres travaux montrent que la vapeur peut aussi modifier la structure et la virulence du biofilm de Staphylococcus aureus, sous l’effet du propylène glycol et de la glycérine végétale.

Quels sont les risques pour la santé ?

Dans la vie quotidienne, cela se traduit par une vulnérabilité accrue face aux virus saisonniers comme la grippe ou le RSV, ainsi qu’aux bactéries responsables de pneumonies. L’ANSES rappelle que 65 % des vapoteurs adultes continuent de fumer, ce qui augmente leur risque global. Les adolescents, jeunes adultes qui n’auraient jamais fumé sans la vape, ainsi que les personnes asthmatiques ou atteintes de maladies respiratoires chroniques, sont particulièrement à risque.

La recommandation officielle demeure : « arrêter de fumer, puis de vapoter », insiste l’Assurance Maladie. En attendant, il est conseillé de suivre quelques précautions pour limiter le risque infectieux :

  • éviter de vapoter en cas de fièvre, toux importante ou gêne respiratoire ;
  • ne jamais partager embouts ou réservoirs, surtout en période de virus ;
  • nettoyer régulièrement le matériel, changer les résistances encrassées ;
  • consulter rapidement en cas de fièvre prolongée, douleur thoracique, essoufflement ou sifflements.

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