Douleurs musculaires ou articulaires : 20 gels et crèmes à l’épreuve
Les douleurs musculaires et articulaires sont fréquentes : genou qui coince, épaule en feu après le jardinage, cheville tordue en descendant du bus… Les pharmacies proposent une multitude de gels et crèmes pour soulager ces douleurs. Nous avons examiné 20 de ces produits en analysant leurs composants, leurs indications, leur tolérance et les précautions à prendre, notamment en cas d’exposition au soleil.
Un point essentiel : un gel antidouleur musculaire ou articulaire n’est pas inoffensif. Certains contiennent des anti-inflammatoires puissants, d’autres utilisent des plantes ou des agents « effet froid ». Leur efficacité et leurs précautions diffèrent considérablement. Une mauvaise utilisation peut entraîner une photosensibilisation ou des interactions médicamenteuses, alors que la douleur peut persister.
Quel gel selon votre type de douleur ?
Pour une douleur aiguë suite à un choc, une entorse ou une tendinite avec gonflement et chaleur locale, les gels à base d’AINS topiques (diclofénac, kétoprofène, ibuprofène) sont généralement recommandés. Selon le dictionnaire VIDAL, ils sont surtout adaptés pour les petites articulations et les traumatismes bénins, en complément du repos et de la glace.
En cas de douleur chronique, comme dans l’arthrose du genou ou des mains, ces mêmes gels peuvent aussi être proposés en première ligne. Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) recommande leur utilisation pour l’arthrose du genou avant de recourir aux traitements oraux. Cependant, une douleur très forte, une fièvre, une déformation brutale ou une perte de mobilité doivent conduire à consulter un médecin, plutôt que d’utiliser simplement un gel.
Les principales familles de gels et crèmes analysés
Les gels à base d’AINS comme le diclofénac, le kétoprofène ou l’ibuprofène sont très courants pour les douleurs articulaires. Une revue Cochrane indique qu’environ 60 % des personnes souffrant de douleurs chroniques ressentent une amélioration avec ces gels, contre 50 % avec un placebo, après 6 à 12 semaines de traitement. Leur efficacité est modérée mais réelle, avec l’avantage d’une exposition générale moins importante qu’avec des médicaments oraux.
Une autre famille comprend les gels à « effet froid » ou contre-irritants, souvent à base de lévomenthol ou de camphre. Ils offrent une sensation anesthésiante qui aide à détourner l’attention de la douleur, notamment pour les courbatures ou douleurs modérées. Enfin, il existe des produits à base de plantes, comme l’arnica ou l’harpagophytum, parfois associés à des huiles essentielles. Bien que les preuves scientifiques soient plus limitées, ces produits peuvent convenir à ceux qui préfèrent des solutions naturelles, en évitant notamment les huiles essentielles chez la femme enceinte ou le jeune enfant.
Précautions : soleil, efficacité et sécurité
Les gels contenant du kétoprofène ont été associés à plusieurs effets indésirables, notamment des réactions de photoallergie. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) recommande d’éviter toute exposition au soleil ou aux UVA pendant le traitement et deux semaines après, en couvrant la zone traitée. La fréquence de ces réactions est faible, mais elles peuvent être sévères.
Les données de VIDAL alertent aussi sur une possible réaction croisée avec l’octocrylène, un filtre solaire présent dans de nombreux cosmétiques. Pour tous les AINS en gel, la grossesse à partir du 6e mois est contre-indiquée. Il est conseillé d’appliquer le gel en fine couche sur une peau saine, sans pansement occlusif, en évitant le contact avec les yeux ou les muqueuses. Il faut aussi se laver les mains après application.
- Vérifier que le produit correspond bien à votre type de douleur (arthrose, entorse, courbatures) ;
- Consulter la liste des actifs et leur dosage ;
- Tenir compte de vos autres traitements et antécédents (ulcère, insuffisance rénale, grossesse) ;
- S’assurer que l’exposition au soleil est compatible avec le traitement, notamment avec le kétoprofène ;
- Vérifier qu’il n’y a pas d’allergie à l’octocrylène ou aux composants du produit.






