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Cyanobactéries : la menace estivale pour votre santé à ne pas Ignorer

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Les cyanobactéries : qu’est-ce que c’est ?

Les cyanobactéries sont des micro-organismes capables de réaliser la photosynthèse. On les trouve dans différents milieux aquatiques comme les lacs, les rivières et les étangs. Certaines peuvent provoquer des symptômes chez l’homme, notamment au niveau digestif, cutané ou respiratoire.

Prolifération estivale et risques associés

En été, la hausse des températures et l’ensoleillement favorisent la multiplication des cyanobactéries dans de nombreux plans d’eau en France. Ces « fleurs d’eau » verdâtres peuvent libérer des toxines naturelles, appelées cyanotoxines, qui sont dangereuses pour la santé humaine et mortelles pour les animaux domestiques. Face à ce phénomène, plusieurs agences régionales de santé et municipalités renforcent la surveillance et interdisent temporairement la baignade ou les activités nautiques sur certains sites.

Caractéristiques et rôle des cyanobactéries

Les cyanobactéries, aussi appelées Cyanobacteriota, sont des bactéries photosynthétiques distinctes des algues, qui sont des organismes eucaryotes. Elles peuvent arborer différentes couleurs, comme le vert, le rouge, le violet ou le jaune, en fonction de leurs pigments (chlorophylle-a, phycocyanine, phycoérythrine, etc.).

Ce sont parmi les êtres vivants les plus anciens, ayant participé à enrichir l’atmosphère en dioxygène en fixant le carbone du dioxyde de carbone. Elles se développent presque partout sur Terre, surtout dans des eaux polluées par l’activité humaine, comme lors de l’eutrophisation. Leur prolifération est une réaction à la pollution déjà présente. Il est donc crucial de surveiller la qualité de l’eau pour limiter leur expansion, notamment dans les zones de baignade.

Les dangers pour l’homme

Les cyanobactéries produisent des toxines, appelées cyanotoxines (microcystines, cylindrospermopsine, saxitine, anatoxine-a), qui peuvent présenter un danger pour l’homme et les animaux. Leur ingestion ou contact peut provoquer des symptômes variés, tels que des troubles gastro-intestinaux, des irritations cutanées ou des problèmes respiratoires. Chez les personnes exposées de façon chronique, on observe un risque accru de cancers du côlon et de l’estomac, ainsi qu’une augmentation des enzymes hépatiques. Ces intoxications peuvent aussi causer des pertes de fonctions rénales et hépatiques, des syndromes neurotoxiques, voire la mort dans de rares cas.

Comment la transmission se fait-elle ?

Les principales voies d’exposition à l’homme sont l’ingestion d’eau potable contaminée, surtout si elle est peu traitée, et la participation à des activités de loisir dans des eaux de baignade à faible débit, comme des lacs ou des rivières. L’inhalation ou l’ingestion accidentelle d’eau ou de cyanobactéries lors de ces activités peut également entraîner une intoxication. La consommation de végétaux ou de poissons issus d’eaux contaminées peut aussi transmettre ces toxines. De rares cas ont été signalés chez des personnes dialysées, par transmission intraveineuse.

Il n’existe pas de traitement spécifique pour les intoxications causées par les cyanobactéries

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Les symptômes varient selon la gravité de l’intoxication. En cas d’exposition aiguë, les personnes peuvent souffrir de troubles digestifs (gastro-entérite, douleurs abdominales, vomissements, diarrhées), de maux de tête, de fièvre ou de réactions cutanées. Pour une intoxication chronique, on note une augmentation des risques de cancers colorectaux et de l’estomac, ainsi qu’une élévation des enzymes du foie chez les personnes exposées régulièrement.

Est-ce mortel ?

Selon la littérature, seulement six décès liés aux cyanobactéries ont été recensés dans le monde ces dernières décennies. Ce chiffre est très faible comparé aux infections bactériennes, qui causent chaque année près de 7,7 millions de morts dans le monde.

Comment diagnostiquer une intoxication ?

Le diagnostic est difficile. Il repose principalement sur l’interrogatoire du patient : consommation d’eau contaminée, pratique d’activités nautiques, etc. La détection des cyanobactéries se fait par observation visuelle ou par des indicateurs biologiques en laboratoire, comme la chlorophylle-a ou la phycocyanine, à l’aide de sondes fluorimétriques. Des analyses peuvent être effectuées sur l’eau pour confirmer la présence de cyanobactéries et de toxines si une contamination est suspectée.

Les cyanobactéries sont-elles contagieuses ?

Non. Ces micro-organismes ne sont pas des agents pathogènes transmissibles d’une personne à une autre. Leur dangerosité réside uniquement dans la production de toxines, qui ne se transmettent pas d’individu à individu.

Existe-t-il un traitement spécifique ?

Il n’existe pas de traitement particulier pour soigner une intoxication aux cyanobactéries. La principale recommandation est d’éviter toute nouvelle exposition en éliminant la source de toxines. La gestion des proliférations dans les eaux est une priorité pour limiter les risques sanitaires. Les autorités surveillent régulièrement la qualité de l’eau et peuvent émettre des avertissements lorsque les niveaux de cyanobactéries deviennent dangereux.

Merci au Dr Valentin Wehrle, biologiste médical au Laboratoire BIO-LBS à Lillebonne (76), et membre du réseau Les Biologistes Indépendants.

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