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Sérotonine : 90 % produite dans l’intestin, le secret du bonheur dévoilé

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La production de sérotonine : un rôle majeur dans l’intestin

Souvent appelée « hormone du bonheur », la sérotonine est généralement associée au cerveau. Pourtant, le chirurgien cardiaque Jeremy London a récemment rappelé que 90 % de la sérotonine est produite dans l’intestin. Il explique que cette hormone, qui joue un rôle clé dans le bien-être, est principalement synthétisée dans le tube digestif. Ce chiffre remet en question l’idée que notre humeur se construit uniquement dans notre cerveau, en soulignant l’importance du système digestif dans cette régulation.

Cependant, l’intestin n’est pas le seul responsable. La sérotonine produite dans le tube digestif est différente de celle utilisée par le cerveau pour réguler l’humeur. La barrière hémato-encéphalique empêche le passage de la sérotonine entre ces deux zones. Néanmoins, l’intestin communique en permanence avec le système nerveux via l’axe intestin-cerveau, influençant le stress, le sommeil ou encore la fatigue. Ce lien étroit suscite un intérêt croissant pour comprendre ce qui se joue dans cet « univers intérieur ».

Quelle sérotonine est concernée ?

Le chiffre avancé par Jeremy London repose sur une réalité scientifique : environ 90 à 95 % de la sérotonine de l’organisme provient du tractus gastro-intestinal, comme le rappelle le magazine National Geographic France. Cette sérotonine, dite « périphérique », circule principalement dans le sang et les tissus digestifs. La sérotonine « cérébrale », elle, reste confinée au système nerveux central. La revue américaine The Journal of Clinical Investigation précise que la sérotonine produite dans l’intestin ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique.

Les deux types de sérotonine partagent toutefois une origine commune : le tryptophane, un acide aminé apporté par l’alimentation. Dans l’intestin, c’est l’enzyme TPH1 qui transforme le tryptophane en sérotonine, tandis que dans le cerveau, l’enzyme TPH2 prend le relais. Ces processus parallèles sont régulés séparément. La statistique des 90 % ne signifie donc pas que l’intestin contrôle directement nos émotions, mais qu’il gère la majorité de la sérotonine impliquée dans nos fonctions corporelles périphériques.

Les cellules entérochromaffines, un « second cerveau » et la santé immunitaire

Les 90 % de sérotonine intestinale proviennent principalement des cellules entérochromaffines, dispersées dans la muqueuse du tube digestif. Elles communiquent avec le système nerveux entérique, souvent appelé « second cerveau ». Ce système contrôle la motricité intestinale, la sécrétion de mucus ou encore la taille des vaisseaux locaux. La sérotonine libérée influence la contraction des muscles, l’évacuation des aliments, mais aussi la coagulation sanguine en favorisant l’agrégation des plaquettes.

Jeremy London souligne également qu’environ 70 % de la fonction immunitaire du corps se déroule dans l’intestin. Le tissu lymphoïde associé à l’intestin, appelé GALT, constitue un vaste réservoir de cellules immunitaires. Lorsqu’il y a un déséquilibre du microbiote intestinal — par une mauvaise alimentation, une utilisation répétée d’antibiotiques ou le tabac —, une dysbiose peut apparaître. Ce déséquilibre peut entraîner des carences nutritionnelles, qui constituent un facteur de risque pour plusieurs maladies chroniques.

L’importance d’un intestin en bonne santé pour l’humeur

Jeremy London insiste sur le fait que la communication entre le cerveau et l’estomac est constante. Des déséquilibres à ce niveau peuvent provoquer des changements d’humeur, accentuer le stress, l’anxiété ou la dépression. L’axe intestin-cerveau met en jeu le nerf vague, des signaux inflammatoires et des molécules produites par les bactéries. Plusieurs études suggèrent qu’un microbiote diversifié est associé à un stress moindre, un sommeil amélioré et une meilleure concentration. Toutefois, cela ne remplace pas un traitement médical en cas de troubles anxieux ou dépressifs avérés.

Pour maintenir cet équilibre, Jeremy London recommande une alimentation équilibrée, riche en aliments complets, fibres saines et acides gras essentiels. Les prébiotiques, que l’on trouve dans la banane, l’oignon, le poireau, l’avoine ou l’artichaut, nourrissent les bonnes bactéries. Les probiotiques comme le yaourt, le kéfir ou la choucroute apportent des micro-organismes vivants qui soutiennent la flore intestinale. Un sommeil régulier, une activité physique modérée et la gestion du stress complètent ces conseils. En cas de douleurs abdominales persistantes, de troubles du transit ou de baisse de moral durable, il est important de consulter un professionnel de santé.

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