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Ozempic : le médicament miracle pour maigrir menace-t-il votre santé?

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Présenté comme un « médicament miracle » pour perdre du poids, l’Ozempic, à base de sémaglutide, ne se limite pas à faire baisser la balance. Ce traitement, qui agit comme un agoniste des récepteurs GLP-1, a été initialement développé pour traiter le diabète de type 2, mais il est de plus en plus utilisé pour ses effets amaigrissants. Cependant, selon le biochimiste Benjamin Bikman, invité du podcast The Diary of a CEO en 2025, cette utilisation peut entraîner une conséquence peu visible : la perte de masse musculaire et osseuse, au-delà de la simple graisse.

Pour cet expert, la « perte de masse musculaire liée à l’Ozempic » n’est pas un simple chiffre statistique. Elle constitue un signal d’alerte. Il explique que, selon les essais de la série STEP, pour chaque 2,7 kilos de graisse perdus, 1,8 kilo de masse maigre — comprenant muscles et os — disparaît aussi. Il cite notamment des cas de jeunes femmes ayant développé une ostéopénie ou une ostéoporose après une utilisation prolongée du médicament. Selon lui, ces femmes « érodent leur santé osseuse » en perdant des tissus qui sont beaucoup plus difficiles à récupérer que la graisse.

Que perd-on réellement lors d’un régime avec Ozempic ?

Les agonistes GLP-1 comme l’Ozempic agissent en réduisant l’appétit, en renforçant les signaux de satiété envoyés au cerveau. Résultat : une restriction calorique importante, qui entraîne une perte rapide de masse grasse, mais aussi de masse maigre. La revue Metabolites, publiée par MDPI, rappelle que la « lean body mass » mesurée par absorptiométrie DXA inclut non seulement le muscle, mais aussi l’eau, les organes et le tissu osseux. Confondre « masse maigre » et « muscle » peut donc conduire à des exagérations dans certains chiffres, sans pour autant les banaliser.

Dans le cadre des essais STEP avec le sémaglutide, un article de Metabolites indique qu’en moyenne, chez des personnes obèses, la perte de masse grasse était de 19,3 %, la graisse viscérale de 27,4 %, et la masse maigre de 9,7 %. La proportion de masse maigre représentait environ 3 points de plus après le traitement. Si la majorité de la perte concerne la graisse, une partie non négligeable touche aussi les tissus maigres, ce qui soulève des préoccupations.

Quels risques pour la masse musculaire et osseuse ?

Lorsque le corps manque d’énergie, il puise dans ses réserves, notamment dans ses protéines musculaires. Une perte de poids rapide, associée à une alimentation insuffisante en protéines et à une réduction de l’activité physique, peut favoriser la fonte musculaire. Chez les personnes âgées, déjà vulnérables à la sarcopénie, chaque kilo de muscle perdu peut entraîner une baisse de force, des chutes et une perte d’autonomie.

Pour les os, la technique DXA permet de mesurer la densité minérale osseuse, un indicateur clé de l’ostéopénie ou de l’ostéoporose. Benjamin Bikman rapporte avoir observé des jeunes femmes développer ces affections après un an de traitement. Il met en garde en particulier les femmes autour de 60 ans, chez qui la perte de muscle et d’os est plus difficile à rattraper. Selon lui, le muscle et l’os perdus à cet âge ne se régénèrent pas aussi facilement que la graisse, qui peut revenir après l’arrêt du traitement. Il recommande donc un suivi médical attentif pour ces profils à risque.

Comment limiter la perte de muscle avec Ozempic ?

Bien qu’une perte de masse maigre accompagne souvent toute réduction de poids, il est possible de la limiter. Benjamin Bikman souligne qu’il ne suffit pas de compter uniquement sur la restriction alimentaire. Les grandes institutions de santé proposent plusieurs stratégies pour préserver muscles et os pendant un traitement.

  • Renforcement musculaire : l’Organisation mondiale de la santé recommande des exercices de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine, en ciblant les grands groupes musculaires, avec une intensité adaptée à l’âge et à la condition physique.
  • Apports en protéines : l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) conseille environ 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel par jour chez l’adulte en bonne santé. Pour les personnes âgées, la société européenne de nutrition clinique ESPEN recommande plutôt entre 1,0 et 1,2 g/kg/j.
  • Suivi médical personnalisé : il est important de surveiller la composition corporelle, la force musculaire et la densité osseuse, notamment chez les personnes à risque. Le suivi doit se faire avec le médecin, sans modifier seul la dose ou arrêter brutalement le traitement.

Benjamin Bikman résume sa position en disant : « Je ne veux pas que quelqu’un pense que je dis que ce médicament est mauvais dans tous les cas, mais il faut parler de ce que personne ne veut raconter. » Pour toute personne sous Ozempic, il ne suffit pas de se demander « combien de kilos je perds ? », mais aussi « que suis-je en train de perdre exactement ? » et comment préserver ses muscles et ses os, avec l’aide de professionnels de santé.

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