En France, le cancer est la première cause de décès prématurés, devant les maladies cardiovasculaires. Chaque année, plus de 400 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Selon les autorités sanitaires, près de 44 % de ces cancers seraient liés à des facteurs de risque évitables.
Bien que l’âge et la génétique jouent un rôle important dans l’apparition de cette maladie, il est essentiel de limiter certains comportements. Réduire sa consommation d’alcool et de tabac, éviter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, gérer le stress chronique, dormir suffisamment, pratiquer une activité physique régulière, et maintenir un poids santé font partie des conseils. Une alimentation variée et équilibrée est également cruciale.
Le Dr Mark Ashamalla, chef du service de radio-oncologie chez Episcopal Health Services, souligne que « l’alimentation est l’un des facteurs modifiables sur lesquels nous pouvons agir ». Il insiste sur l’importance de faire attention à certains aliments et condiments, notamment ceux qui peuvent augmenter le risque de cancer.
Attention à la sauce barbecue
Parmi les aliments à limiter, la viande rouge est particulièrement concernée. Elle est classée comme « cancérogène probable » pour l’humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). La viande transformée, comme la charcuterie, les saucisses ou la viande séchée, présente également un risque similaire.
En dehors des viandes, il est conseillé de réduire la consommation d’aliments industriels, qui sont souvent associés à l’obésité, à la résistance à l’insuline et à une inflammation chronique, autant de facteurs de risque de cancer. Cependant, certains condiments, comme la sauce barbecue, peuvent aussi poser problème. Selon le Dr Avishek Kumar, beaucoup de sauces barbecue contiennent principalement des sirops sucrés à l’arôme fumé, avec du sucre ajouté ou du sirop de maïs à haute teneur en fructose. Lorsqu’elles sont consommées régulièrement dans le cadre d’une alimentation riche en sucre et en aliments ultra-transformés, ces sauces peuvent avoir un impact négatif sur la santé.
Le médecin précise que la sauce barbecue accompagne souvent des viandes transformées ou très grillées. Ce qui le dérange, ce n’est pas un barbecue occasionnel, mais plutôt l’habitude de consommer ces condiments de façon régulière sur le long terme.
Des alternatives pour un assaisonnement sain et savoureux
Pour relever vos plats, le Dr Ashamalla recommande des épices comme le paprika fumé, des champignons rôtis, des herbes aromatiques, de l’ail ou encore une sauce maison faite à base de yaourt et de vinaigre.
De son côté, le Dr Kumar privilégie la moutarde, la salsa fraîche, le chimichurri (recette argentine à base de persil, origan, ail, ciboule, piment rouge, vinaigre et huile), le houmous, le tzatzíki ou une simple vinaigrette à l’huile d’olive et au vinaigre.
Récemment, lors d’un entretien avec TopSanté.fr, le nutritionniste Raphaël Gruman a également mis en garde contre la sauce barbecue, le ketchup et la mayonnaise. Il conseille de privilégier la moutarde ou le chimichurri pour accompagner les grillades de viande ou de poisson, afin de limiter les calories.
Adopter de petites habitudes pour une meilleure santé
Il n’est pas nécessaire de supprimer totalement la sauce barbecue de son alimentation. Cependant, il est important de garder en tête que les petits choix quotidiens, même « anodins sur le moment », ont un impact cumulatif à long terme. Le Dr Kumar rappelle que cette accumulation peut devenir significative.
Préférer des condiments plus sains et consommer des aliments bruts et variés favorise un poids équilibré, une meilleure santé intestinale et une prévention contre le cancer. Le Dr Ashamalla conseille de ne pas se focaliser sur la peur ou la perfection, mais plutôt sur l’adoption d’habitudes simples. Réduire la viande transformée, le sucre ajouté, augmenter la consommation de végétaux et de fibres, tout en limitant l’alcool, peut avoir des effets positifs à long terme.
Quel régime alimentaire privilégier ?
Les experts recommandent aujourd’hui de s’inspirer principalement du régime méditerranéen, considéré comme bénéfique pour la santé et la longévité. Ce régime, aussi appelé « régime crétois », a été élu meilleur régime du monde par le magazine américain U.S. News and World Report à plusieurs reprises.
Il consiste à consommer quotidiennement des fruits, des légumes, des légumineuses, des céréales, des herbes aromatiques et de l’huile d’olive. Les fruits de mer et le poisson sont à privilégier deux fois par semaine. La volaille, les œufs, le fromage et le yaourt peuvent être consommés avec modération. Un verre de vin rouge est également autorisé. En revanche, la viande rouge et les sucreries doivent rester exceptionnelles.
Ce régime est reconnu pour ses bienfaits sur le cœur, le cerveau et la santé mentale. Une étude publiée en mai 2024 sur plus de 25 000 femmes indique qu’il pourrait réduire de 23 % le risque de mortalité toutes causes confondues, et de 17 % le risque de décès par cancer. Une autre étude, menée en février 2025 sur plus de 450 000 adultes, montre qu’une forte adhésion au régime méditerranéen diminue de 6 % le risque de développer un cancer lié à l’obésité.






