Accueil Santé Comment j’ai survécu à une crise cardiaque inattendue chez moi

Comment j’ai survécu à une crise cardiaque inattendue chez moi

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Il y a deux ans, ma vie a été complètement bouleversée. À l’époque, j’avais 32 ans, je travaillais dans la comptabilité et j’étais mère de deux enfants de 6 et 2 ans. Le jour où tout a changé, j’étais en télétravail, seule chez moi.

Vers 11 heures, j’ai soudainement ressenti une vive douleur dans la nuque, comme si on essayait de l’étirer, accompagnée d’une douleur à la tête. Rapidement, la douleur s’est étendue à mes omoplates puis à ma poitrine. Par ailleurs, j’avais des fourmillements dans le bras gauche, des sueurs froides, des vomissements et une sensation de brûlure dans la gorge, au point d’être incapable d’avaler.

Une douleur qui a commencé dans la nuque, avant de descendre dans la poitrine

Paniquée, j’ai appelé mon mari, mais, étant quelque peu hypocondriaque, il ne m’a pas prise au sérieux. Ne voyant pas de solution, j’ai contacté le SAMU. Cependant, faute d’ambulance disponible rapidement, c’est finalement mon mari qui m’a conduite aux urgences.

Arrivée à l’hôpital vers 11 h 45, c’était le début d’une longue attente. Une infirmière a pris mes symptômes au sérieux, mais m’a installée dans un couloir avec d’autres patients. Je n’ai pu faire une prise de sang qu’une heure plus tard.

J’ai attendu, attendu… En fin d’après-midi, n’ayant reçu aucune explication de la part du personnel médical, j’ai menacé de partir. À ce moment-là, mon état a été pris en charge plus sérieusement : on m’a refait des prises de sang, réalisé un scanner, une échographie du cœur et un électrocardiogramme.

Une longue attente dans un couloir avant la révélation

Aucune information ne m’a été donnée pendant l’après-midi. Vers 21 h 45, j’ai été transférée en soins intensifs au centre hospitalier universitaire (CHU). C’est à ce moment-là que j’ai compris que je faisais un infarctus, et que les délais avaient été trop longs pour agir rapidement. Un médecin m’a expliqué que cette crise cardiaque était due à la rupture d’une plaque d’athérome, probablement liée à mon tabac (je fumais 15 cigarettes par jour) et au stress.

J’ai passé huit jours à l’hôpital, dont cinq en soins intensifs. On m’a posé un stent le lendemain du diagnostic. Cependant, en raison du délai d’attente, une partie de mon muscle cardiaque a subi une nécrose.

Si j’avais été prise en charge dans les six heures recommandées par les autorités de santé pour un infarctus, les dégâts auraient probablement été moins importants. Pendant un an, j’ai dû prendre 11 médicaments par jour, notamment des hypotenseurs et des fluidifiants sanguins. J’ai aussi porté une veste équipée d’un défibrillateur, appelée LifeVest, pendant deux mois. La rééducation cardiaque a duré également deux mois.

Une situation qui a laissé des séquelles

Aujourd’hui, mon cœur va mieux. Après un arrêt maladie de 14 mois, j’ai été reconnue comme « travailleuse handicapée » et je ne peux travailler qu’à 60 %. La nécrose causée par la crise a provoqué une insuffisance cardiaque, qui limite encore mon quotidien.

Je n’ai pas fumé une seule cigarette depuis mon infarctus. Je pratique environ deux heures d’activité physique hebdomadaire, principalement de la marche et du vélo avec mes enfants. Je poursuis également la reconnaissance de l’erreur médicale que j’estime avoir subie.

Infarctus du myocarde : le délai de prise en charge

Selon la Fondation Cœur & Recherche, chaque année, 100 000 Français font un infarctus du myocarde, aussi appelé crise cardiaque. Cette maladie cardiovasculaire cause environ 12 000 décès par an. Le nombre de jeunes femmes non ménopausées touchées a augmenté de 25 % en dix ans, principalement à cause du tabac.

En cas d’infarctus, il est crucial d’intervenir rapidement. Le Dr Hakim Ben Amer, chef de service en cardiologie à l’Hôpital Foch à Suresnes, explique qu’il faut idéalement agir dans les trois heures suivant l’apparition des symptômes, et au plus tard dans les six heures.

Sources : Fondation Cœur & Recherche / Hôpital Foch

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