Les risques liés à l’utilisation de l’eau chaude du robinet en cuisine
Il est courant de tourner le mitigeur vers le chaud sans y réfléchir, pour remplir une casserole de pâtes, une bouilloire ou une marmite. Ce geste, perçu comme évident et pratique, permet de gagner du temps. Dans un contexte où la réduction de la consommation énergétique est aussi une priorité, cette habitude semble rationnelle. Pourtant, un microbiologiste français met en garde contre les risques sanitaires qu’elle peut engendrer.
Christophe Mercier Thellier, spécialiste en microbiologie et hygiène, explique que cuisiner avec de l’eau chaude du robinet peut exposer toute la famille à des dangers. Ces risques sont à la fois chimiques et microbiologiques, surtout lorsqu’il s’agit de préparer des aliments.
Pourquoi l’eau chaude du robinet n’est pas potable
Selon Christophe Mercier Thellier, l’eau froide du robinet est généralement potable. La commune s’engage à fournir une eau conforme à la consommation. Elle alerte aussi en cas de pollution chimique. Cependant, une fois l’eau franchie le compteur, elle circule dans des canalisations, parfois anciennes, puis arrive au robinet. Ces conduits ne font pas l’objet d’un contrôle sanitaire systématique.
Le ministère de la Santé précise que l’eau chaude domestique n’est pas considérée comme potable. Les canalisations et certains appareils peuvent libérer des métaux comme le plomb, le cuivre ou le nickel. La stagnation de l’eau dans ces installations, notamment si un dispositif d’adoucissement est en place, peut augmenter la dissolution de ces métaux. Or, ces éléments lourds sont liés à des troubles neurologiques, rénaux, cardiovasculaires, voire certains cancers.
Les dangers microbiologiques et chimiques
Au-delà des risques chimiques, l’eau chaude stagnante dans un ballon peut accumuler rouille, dépôts calcaires, sédiments et micro-organismes. Christophe Mercier Thellier souligne que certains ballons anciens ne chauffent pas au-delà de 50 degrés, température à laquelle certains microbes peuvent survivre. Même à 60 ou 65 degrés, des germes, dont des bactéries, peuvent encore persister.
Des bactéries résistantes à la chaleur
Certains microorganismes ont la capacité de se protéger en formant une coque qui leur permet de résister à des températures très élevées. Même dans de l’eau portée à ébullition, il est possible de retrouver des bactéries capables de provoquer des maladies. Consommer ou cuisiner avec cette eau peut entraîner des troubles digestifs comme nausées, vomissements ou diarrhées.
Parmi ces bactéries, on trouve notamment les légionelles. Elles sont responsables de la légionellose, une infection pulmonaire grave mais rare. Ce risque doit inciter à la prudence avant de remplir une casserole avec de l’eau chaude du robinet.
Les gestes à adopter pour préserver sa santé
Le microbiologiste recommande le principe de précaution : utiliser uniquement de l’eau froide pour boire, préparer des aliments comme le thé, le café, les soupes, pâtes ou riz, ainsi que pour les biberons. Il est conseillé de chauffer cette eau à la bouilloire ou dans une casserole. L’eau chaude doit rester réservée à la douche ou au lavage de vaisselle, et ne pas être bue.
Il faut également éviter de rincer légumes ou brosses à dents à l’eau chaude. Un autre conseil pratique consiste à laisser couler l’eau quelques instants si le robinet n’a pas été utilisé depuis longtemps, afin d’éliminer l’eau stagnante.
Enfin, il est conseillé de dévisser et nettoyer régulièrement le mousseur du robinet pour éliminer tartre, micro-organismes et dépôts. Pour l’eau froide, il est préférable de la conserver en carafe propre dans le réfrigérateur, à consommer dans les 24 à 48 heures.
Ces réflexes sont simples à adopter et ne nécessitent ni investissement ni effort particulier. La vigilance au quotidien suffit pour limiter les risques liés à l’eau chaude du robinet en cuisine.






