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Consultation gynécologique : comment respecter le consentement et éviter les abus

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Consentement, nudité, questions posées : à quoi doit ressembler une consultation gynécologique ?

Une récente enquête révèle que près d’une patiente sur deux affirme avoir subi des violences obstétricales ou gynécologiques. Elle pointe aussi de nombreux manquements dans la manière dont le consentement est recueilli lors des examens. Pourtant, la loi impose que le gynécologue explique le déroulement de l’examen et obtienne un consentement explicite avant chaque acte.

Selon cette étude, neuf patientes sur dix souhaitent que leur consentement soit davantage sollicité lors d’une consultation gynécologique. L’enquête, menée par l’association Stop VOG, qui lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales, a été publiée le jeudi 18 juin. Elle indique qu’environ une personne sur deux a été victime de telles violences.

Ces chiffres font écho à de nombreux témoignages recueillis ces dernières années. En 2014, le hashtag #PayeTonUtérus a permis de recenser plus de 7 000 témoignages en 24 heures, dénonçant des propos ou des actes inappropriés de la part de certains médecins.

Une consultation gynécologique différente des autres rendez-vous médicaux

Pour Nasrine Callet, gynécologue en cabinet et à l’institut Marie Curie, la consultation gynécologique possède une particularité. Elle explique qu’il y a une proximité avec l’intimité que d’autres examens ne requièrent pas : « On montre plus facilement ses yeux que ses organes gynécologiques ».

Un rapport du Haut Conseil à l’Égalité (2018) souligne que la prise en compte du caractère intime de ces consultations est souvent insuffisante. La médicalisation de ces actes s’inscrit dans une longue histoire de contrôle du corps des femmes, en lien avec la sexualité et la reproduction.

Questions sur la vie sexuelle : un sujet délicat

Dans l’enquête de Stop VOG, plus de 80 % des répondantes déclarent ne pas toujours avoir été suffisamment informées sur l’intérêt ou le déroulement des examens proposés pour la première fois. La transparence est essentielle pour un consentement éclairé.

Nasrine Callet commence chaque rendez-vous par un échange visant à établir la confiance. Elle pose notamment des questions sur la vie sexuelle de la patiente, « sans entrer dans les détails », pour adapter la prise en charge. Elle insiste que la vie intime ne doit pas devenir un sujet d’examen ou de jugement.

Sonia Bisch, présidente de Stop VOG, souligne qu’il est nécessaire d’expliquer pourquoi ces questions sont posées. Pour les médecins, elles sont standard, mais pour les femmes, elles peuvent sembler inhabituelles.

Les modalités de l’examen

Selon la charte de la consultation en gynécologie du Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF), l’examen clinique n’est pas systématique. Par exemple, une jeune femme de 20 ans sans symptôme particulier et demandant une contraception n’a pas besoin d’être examinée. Après 25 ans, un examen annuel est recommandé pour le dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein.

Concernant le dépistage, le frottis doit être réalisé à 25 ans, puis tous les trois ans si les résultats sont normaux, puis tous les cinq ans. Pourtant, l’enquête montre que 66,7 % des femmes ont eu leur premier examen avant cet âge.

Il est important de préciser que si une patiente ne souhaite pas être examinée, elle peut le refuser et interrompre l’examen à tout moment. Elle peut aussi choisir d’être accompagnée ou de refuser la présence d’un tiers dans la pièce.

La question de la nudité

Le rapport du Haut Conseil à l’Égalité rappelle qu’aucun praticien ne peut obliger une patiente à se dévêtir totalement. La charte des bonnes pratiques précise également que les femmes doivent pouvoir se dévêtir en toute intimité, à l’abri des regards.

Nasrine Callet illustre cette pratique : « Je propose toujours de garder le bas lors de l’examen des seins, puis de remettre le haut pour l’examen vaginal ».

Le consentement explicite : une obligation légale

La loi Kouchner de 2002 stipule qu’aucun acte médical ne peut être réalisé sans le consentement libre et éclairé de la personne, qui peut être retiré à tout moment. Sonia Bisch rappelle que certains médecins pensent encore à tort que le consentement implicite suffit en entrant dans le cabinet, mais ce n’est pas le cas.

Depuis, il est obligatoire d’obtenir un consentement explicite avant chaque geste. Nasrine Callet insiste sur l’importance d’expliquer chaque étape, comme la palpation mammaire ou le toucher vaginal, pour que la patiente comprenne ce qui est fait et pourquoi.

Que faire en cas de problème ?

Sonia Bisch insiste sur le fait que chaque femme doit savoir que son corps lui appartient. En cas de malaise ou de geste inapproprié, il est conseillé de changer de médecin ou de contacter le conseil régional de l’ordre des médecins.

L’Ordre des médecins peut intervenir pour sanctionner un professionnel si une plainte est déposée. Même sans plainte, le conseil départemental peut saisir la chambre disciplinaire.

Cependant, l’enquête de Stop VOG souligne une difficulté : 84,6 % des femmes trouvent qu’il est difficile de refuser un examen proposé par un professionnel de santé, en raison de l’asymétrie dans la relation de soin.

Selon Sonia Bisch, si une femme quitte le cabinet en se sentant mal ou humiliée, ce n’est pas normal. Elle insiste sur la nécessité de faire preuve de bienveillance, car une consultation devrait laisser la patiente se sentir mieux, et non pas plus mal. La santé mentale et physique des femmes peut en dépendre.

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