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Sécheresse oculaire : la nouvelle thérapie révolutionnaire qui pourrait tout changer

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La sécheresse oculaire affecte près de 8 millions de Français. Elle se manifeste par un manque ou une mauvaise qualité des larmes, provoquant des sensations de brûlure, de sable dans les yeux, ainsi qu’une gêne lors de la lecture ou devant les écrans. Malgré l’utilisation de larmes artificielles et de collyres anti-inflammatoires, de nombreux patients ne trouvent pas un soulagement suffisant.

Une nouvelle piste de traitement, encore expérimentale, suscite aujourd’hui de l’intérêt. Il s’agit d’un collyre à base de feuilles d’épinard, capable de déclencher une petite photosynthèse dans la cornée. Dans une étude publiée le 15 mai 2026 dans la revue Cell, des chercheurs de la National University of Singapore rapportent des résultats encourageants. Tests sur des cellules et des souris montrent une réparation plus rapide de la surface oculaire. Bien que cette approche en soit encore au stade préclinique, elle ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Comment ces gouttes à base d’épinard agissent-elles ?

Ce collyre expérimental, nommé LEAF, est élaboré à partir de composants extraits de feuilles d’épinard. Les chercheurs ont transformé ces composants en très petites particules capables de pénétrer dans les cellules de la cornée. Lorsqu’elles sont exposées à la lumière ambiante, ces particules produisent du NADPH, une molécule aux propriétés antioxydantes puissantes. Elle aide l’œil à se protéger contre le stress oxydatif et l’inflammation, deux facteurs clés de la sécheresse oculaire.

Selon l’équipe de la Singapore, LEAF a augmenté par 20 le niveau de NADPH dans les larmes de patients souffrant de sécheresse oculaire. Il a également réduit de plus de 95 % certains marqueurs d’oxydation. Chez des souris avec une cornée endommagée, deux applications par jour ont permis de restaurer en cinq jours une surface oculaire proche de la normale. Aucun effet toxique n’a été observé durant deux mois de suivi.

Comment appliquer ces résultats dans la pratique ?

Malgré l’enthousiasme, il ne faut pas croire qu’il s’agit d’un remède maison. Il ne faut surtout pas mettre du jus d’épinard dans l’œil. Le collyre testé est un extrait très purifié, à concentration précise, conditionné en solution stérile et au pH adapté à l’œil. Le jus d’épinard, lui, serait irritant, non stérile et risquerait d’introduire des bactéries ou des résidus de terre. Son application pourrait provoquer des brûlures, des infections ou retarder le diagnostic d’une véritable pathologie oculaire. En cas de douleur aiguë, de baisse brutale de la vision ou de rougeur intense, il est important de consulter rapidement un ophtalmologiste.

Les chercheurs concluent : « Nous avons démontré, pour la première fois, que l’appareil photosynthétique des plantes peut être transplanté dans des tissus de mammifères pour générer des molécules biologiquement utiles, grâce à la même lumière qui nous permet de voir. Nous aussi, nous possédons des capacités photosynthétiques limitées. (…) Nous pensons que notre approche présente un fort potentiel d’application clinique. » Les essais cliniques chez l’humain sont en préparation. Sur plusieurs années, ils devront confirmer l’efficacité, la tolérance à long terme et le coût de cette technologie. En attendant, la prise en charge de la sécheresse oculaire repose toujours sur des mesures classiques : pauses régulières devant les écrans, limitation de l’air climatisé, utilisation de larmes artificielles et suivi médical si les symptômes persistent.

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