Après plus de trente ans à traiter des AVC et des pertes de mémoire à la Mayo Clinic, le neurologue américain David Dodick a constaté qu’il intervenait souvent trop tard auprès de ses patients. Ces maladies se développaient en réalité depuis des décennies. Il a alors décidé de se concentrer sur la médecine préventive et la longévité, en adoptant une idée simple : « Pour protéger le cerveau, il faut protéger le reste du corps. »
Les habitudes du neurologue pour bien vieillir
Dans un entretien avec CNBC, David Dodick, directeur médical de l’Atria Health and Research Institute, partage ses propres habitudes pour préserver sa santé neurologique.
Le sommeil, l’exercice et les muscles : sa « meilleure ordonnance »
Pour lui, le sommeil est primordial. « Le sommeil n’est pas négociable », insiste-t-il. Il admet cependant qu’il n’a pas toujours été parfait dans ce domaine. Il précise que personne n’est parfait : « Nous sommes tous occupés, nous ne sommes pas parfaits. Mais si vous y parvenez 80 % à 90 % du temps, c’est cela qui compte. » Selon lui, une bonne qualité et une durée suffisante du sommeil sont essentielles pour maintenir les fonctions cognitives.
En ce qui concerne l’activité physique, son message est clair : « L’exercice est la meilleure ordonnance que je pourrais prescrire, et la meilleure ordonnance que vous pourriez prendre. » Il recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine. Cela peut inclure des exercices en « zone 2 », où l’on peut encore parler tout en ayant le cœur qui bat plus vite. Il évoque aussi des efforts plus intenses, comme des sprints de 60 à 90 secondes, alternés avec de la marche rapide ou du jogging. Le renforcement musculaire est également conseillé, car il joue un rôle clé dans la santé du cerveau, la sensibilité à l’insuline et le métabolisme, notamment avec l’âge.
Une alimentation inspirée du régime MIND
Dans son alimentation, David Dodick suit un régime proche du régime MIND. Ce dernier combine les principes du régime méditerranéen et du régime DASH, initialement conçu pour réduire l’hypertension. Il privilégie les légumineuses, les légumes, les fruits, les noix, le poisson, la volaille et l’huile d’olive. Il limite également les aliments ultra-transformés et l’alcool en excès. Des études ont montré que suivre ce régime régulièrement peut réduire le risque de démence.
Il conseille toutefois d’adopter ces habitudes progressivement. « Mon conseil : commencez par l’essayer un ou deux jours par semaine. Puis, après 30 jours, intégrez-en davantage à votre alimentation quotidienne. Inutile de tout changer d’un coup. »
Stimuler le cerveau par les relations sociales et la respiration
Pour le neurologue, la santé cérébrale passe aussi par la vie sociale. « Je suis en contact avec des gens tous les jours, toute la journée. Hier soir, je suis allé me promener à Central Park avec ma femme. Nous avons fait une longue marche de 8 000 pas. »
Il insiste également sur l’importance de gérer le stress. Il recommande notamment des exercices de respiration profonde, associés à un appareil de biofeedback. Cet outil projette des images apaisantes, comme des vagues, des arbres ou le vent, pour accompagner la respiration et favoriser un état de calme. Selon lui, cela permet aussi d’entraîner le cerveau à mieux réguler le stress au quotidien.






