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Médicaments sans ordonnance : un risque accru de démence révélé

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Un médicament courant sans ordonnance pourrait être lié à un risque accru de démence

Un simple comprimé contre le rhume ou un cachet pour mieux dormir, acheté en pharmacie sans ordonnance, fait partie de notre routine quotidienne. Pourtant, ces médicaments contiennent souvent des antihistaminiques de première génération, des substances anciennes utilisées pour traiter les allergies et aussi comme somnifères. Récemment, plusieurs études relayées par le journal britannique The Independent suggèrent qu’une utilisation régulière pourrait augmenter légèrement le risque de développer une démence. La question est donc de savoir jusqu’où ces médicaments, perçus comme inoffensifs, sont réellement sans danger pour le cerveau.

Les experts ne parlent pas de crise sanitaire, mais d’un signal qui se répète. Des études nord-américaines ont montré qu’une exposition prolongée à certains médicaments anticholinergiques, dont certains antihistaminiques, est associée à un risque accru de démence chez les personnes de plus de 65 ans. La Harvard Medical School précise cependant qu’il s’agit d’associations statistiques, et non d’une preuve de causalité. La vulnérabilité augmente avec l’âge, car le cerveau produit moins d’acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel à la mémoire. Beaucoup de personnes prennent ces médicaments chaque nuit pour dormir, souvent sans en parler à leur médecin.

Antihistaminiques de première génération : quand un simple cachet peut affecter la mémoire

Les antihistaminiques H1 bloquent l’histamine, responsable des symptômes d’allergie. Mais ceux de première génération traversent la barrière hémato-encéphalique et agissent aussi sur l’acétylcholine. Cela peut entraîner de la somnolence, un ralentissement, des troubles de l’attention, surtout chez les personnes âgées. En France, ces médicaments se trouvent dans des produits comme Donormyl, Théralène ou Atarax, et à l’étranger dans le célèbre Benadryl. Une médecin interniste, Pamela Tambini, explique que ces médicaments, vendus sans ordonnance, peuvent sembler inoffensifs. Cependant, leur utilisation régulière ou prolongée peut perturber la pensée, causer de la fatigue durant la journée, et potentiellement entraîner des problèmes à long terme.

Les études sur le lien entre antihistaminiques et démence

La démence correspond à un déclin progressif de la mémoire et des capacités cognitives, qui finit par perturber la vie quotidienne. En 2015, une étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine a suivi pendant dix ans plusieurs milliers de personnes âgées. Elle a montré que celles ayant pris des médicaments anticholinergiques, dont certains antihistaminiques, au moins trois ans, présentaient environ 50 % de risque en plus de développer une démence. Une autre étude menée en 2024 sur près de 680 000 patients souffrant de rhinite allergique a constaté que le risque de déclin cognitif augmentait avec la dose cumulée d’antihistaminiques H1. Le risque relatif passait de 1,13 pour les faibles doses à 1,51 pour les doses élevées. D’autres recherches relient aussi l’usage chronique de ces médicaments, notamment en tant que somnifères ou en milieu hospitalier, à un risque accru de délirium, un épisode confusionnel aigu pouvant favoriser un déclin cognitif ultérieur.

Comment réduire le risque sans arrêter brusquement son traitement

Pour limiter ce risque, les spécialistes recommandent de réduire la charge anticholinergique chez les personnes de plus de 65 ans. Il est conseillé de vérifier si le médicament contient une molécule de première génération et s’il est pris quotidiennement depuis plusieurs semaines. Pour traiter les allergies, des alternatives plus récentes existent, comme la loratadine (vendue sous le nom de Claritin), la cétirizine ou la fexofénadine. Ces molécules traversent moins la barrière hémato-encéphalique. Les sprays nasaux à base de corticoïdes constituent également une option efficace. La médecin Pamela Tambini rappelle qu’il existe des options plus sûres et efficaces, et qu’il est important de consulter son médecin avant d’en changer. L’usage ponctuel d’un antihistaminique en tant que somnifère reste généralement acceptable, mais un traitement prolongé doit faire l’objet d’une évaluation médicale.

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