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Dépistage du cancer colorectal : une alternative simple aussi efficace que la coloscopie

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Une alternative fiable à la coloscopie pour le dépistage du cancer colorectal

Le cancer colorectal demeure l’un des cancers les plus redoutés, notamment en raison de la procédure de dépistage qu’est la coloscopie. Cependant, une étude récente menée en Espagne montre qu’un simple examen des selles peut être tout aussi efficace pour prévenir la mortalité liée à ce type de cancer.

Cette recherche, baptisée l’essai COLONPREV, a été menée par une équipe de l’Hospital Clínic de Barcelone. Publiée en mars 2025 dans la revue The Lancet, elle a suivi plus de 57 000 participants sur une période de dix ans. Les résultats indiquent que, chez les adultes à risque moyen, le test immunologique de selles constitue une alternative fiable à la coloscopie, tout en restant complémentaire lorsque le résultat est positif ou en cas de situation à haut risque.

Coloscopie ou examen des selles : quelle stratégie privilégier ?

En France, le cancer colorectal concerne près de 48 000 personnes chaque année. Il représente la deuxième cause de mortalité par cancer. Selon l’Assurance Maladie, environ 90 % des cas détectés tôt peuvent être guéris. Pour les personnes âgées de 50 à 74 ans sans facteur de risque particulier, la stratégie recommandée repose sur un test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles, à faire à domicile tous les deux ans.

La coloscopie reste l’examen de référence. Elle consiste à insérer un tube équipé d’une caméra dans le côlon pour visualiser directement les lésions et retirer d’éventuels polypes. Cet examen nécessite une préparation digestive, une anesthésie, et comporte de rares risques de complications. Le test immunochimique de selles, quant à lui, se réalise à domicile. Il consiste à prélever une petite quantité de selles sur un bâtonnet, puis à l’envoyer au laboratoire. Il détecte la présence de traces invisibles de sang, pouvant indiquer la présence de polypes ou de tumeurs.

Les résultats de l’étude espagnole confirment une alternative efficace

Dans le cadre de l’essai COLONPREV, 57 404 hommes et femmes âgés de 50 à 69 ans, issus de huit régions d’Espagne, ont été répartis en deux groupes. Le premier recevait une invitation à subir une coloscopie unique, tandis que le second était invité à réaliser un test immunologique de selles tous les deux ans pendant dix ans. L’objectif principal était de comparer la mortalité liée au cancer colorectal après cette période, selon un protocole dit de non-infériorité.

Au terme de l’étude, la mortalité par cancer colorectal était très proche dans les deux groupes : 0,22 % dans celui de la coloscopie et 0,24 % dans celui du test de selles, soit environ 55 décès contre 60. Cette différence n’est pas statistiquement significative, ce qui montre que le test de selles est aussi efficace que la coloscopie pour réduire la mortalité. De plus, environ 40 % des participants ont effectué le test, contre 31,8 % pour la coloscopie, renforçant la valeur de cette stratégie moins invasive.

Implications pour le dépistage en France

Ces résultats confirment que, pour les personnes de 50 à 74 ans sans symptômes ni antécédents familiaux lourds, le test immunologique peut continuer à être utilisé comme première étape du dépistage. En France, le kit peut être remis par le médecin, obtenu en pharmacie ou commandé sur la plateforme dédiée de l’Institut National du Cancer, après réception d’une invitation. Cet examen est entièrement pris en charge, et en cas de résultat négatif, il doit être renouvelé tous les deux ans.

La coloscopie demeure toutefois essentielle dans certains cas : si le test de selles est positif, en présence de sang visible dans les selles, d’une anémie inexpliquée, de douleurs abdominales persistantes, d’antécédents de polypes ou de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ou encore en cas d’histoire familiale lourde de cancer colorectal. Tout résultat anormal doit conduire à une coloscopie pour confirmer le diagnostic et traiter les lésions suspectes. L’étude espagnole ne remplace donc pas la coloscopie, mais souligne la complémentarité entre un test simple pour engager le dépistage et une intervention endoscopique pour confirmer et traiter.

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