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Thrombose invisible : le danger silencieux qui peut coûter la vie

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Invisible mais potentiellement grave, la thrombose survient lorsqu’un caillot sanguin se forme à l’intérieur d’un vaisseau et bloque la circulation du sang. Si ce mécanisme peut être utile pour arrêter un saignement, il devient dangereux lorsqu’il se produit au mauvais endroit, comme dans les poumons, le cerveau ou le cœur. Ces complications peuvent entraîner des embolies pulmonaires, des AVC ou des infarctus, avec des conséquences souvent graves.

Le risque de développer un caillot sanguin augmente avec l’âge. Après 40 ans, cette probabilité augmente nettement, doublant environ tous les dix ans, selon plusieurs études. Faut-il s’en inquiéter ? Quels signaux doivent alerter ? Existe-t-il des habitudes de vie pour réduire ce risque ? Pour mieux comprendre ces enjeux, la professeure Beverley Hunt, spécialiste en thrombose, nous explique les mécanismes de la thrombose et comment s’en protéger.

Pourquoi les caillots sanguins sont-ils dangereux ?

Un caillot sanguin, ou thrombus, correspond à une accumulation de cellules sanguines qui bouche un vaisseau. Dans les jambes, on parle de thrombose veineuse profonde (TVP). Si une partie du caillot se détache et migre vers les poumons, cela peut provoquer une embolie pulmonaire (EP). Ces deux situations constituent la maladie thromboembolique veineuse (MTEV).

Selon l’Inserm, en France, on dénombre entre 50 000 et 100 000 cas de phlébites chaque année, ainsi que 40 000 embolies pulmonaires. Le risque augmente avec l’âge, notamment après 60 ans, en raison de la production accrue de protéines favorisant la coagulation, de la perte d’élasticité des veines, et des maladies chroniques ou hospitalisations qui favorisent la formation de caillots.

Quels sont les signes d’une thrombose veineuse (phlébite) ?

Le NHS (National Health Service) signale cinq symptômes principaux :

  1. Douleur lancinante dans une jambe, surtout en marchant ou en restant debout
  2. Enflure dans une jambe
  3. Peau chaude autour de la zone douloureuse
  4. Rougeur ou assombrissement de la peau autour de la douleur
  5. Veines douloureuses et gonflées

La professeure Beverley Hunt souligne que tous ces signes ne sont pas forcément présents. Elle conseille de faire attention à toute douleur inexpliquée à la jambe, surtout si elle persiste et n’est pas liée à un effort physique ou à une contracture musculaire. En cas d’embolie pulmonaire, des symptômes comme un essoufflement, des douleurs thoraciques ou des crachats de sang peuvent apparaître, souvent de façon inexpliquée.

Sept habitudes pour réduire le risque de caillot après 40 ans

Il n’existe pas de solution miracle, mais plusieurs gestes simples peuvent aider à limiter le risque :

  • Maintenir un poids santé : le tissu adipeux produit des protéines inflammatoires qui favorisent la coagulation.
  • Arrêter de fumer : la cigarette rend le sang plus « collant » et endommage les parois des vaisseaux.
  • Ne pas rester assis plus de 60 à 90 minutes : « si vous restez immobile sans bouger les jambes pendant 90 minutes, le flux sanguin diminue de moitié », explique Beverley Hunt.
  • Lors de voyages de plus de trois heures, porter des vêtements amples, boire de l’eau, éviter l’alcool, bouger chevilles et orteils, et se lever régulièrement.
  • Se maintenir hydraté en permanence, surtout lors d’efforts physiques, pour éviter un sang trop visqueux.
  • En cas d’hospitalisation ou de chirurgie, demander une évaluation du risque de TVP, porter des bas de compression et effectuer un lever précoce.
  • Adapter la contraception ou le traitement hormonal substitutif (THS) avec son médecin : « le risque de caillots dépend fortement du type de THS utilisé », précise la médecin Louise Newson. Elle rappelle que les formes transdermiques d’estradiol n’augmentent pas ce risque.

Pour diagnostiquer une thrombose veineuse profonde, un simple test sanguin, le dosage des D-dimères, peut être réalisé. Ce test permet de détecter la présence d’un fragment de protéine produit lors de la dissolution d’un caillot. En général, ce dosage est faible sauf en cas de formation ou de dissolution de caillots.

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