Un patient infecté par le virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a été déclaré guéri, une première depuis le début de l’épidémie, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Ce mercredi 27 mai, Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS, a annoncé lors d’une conférence de presse à Genève qu’un patient avait quitté l’hôpital pour rejoindre sa communauté. Il s’agit de la première personne admise dans un centre de soins à avoir été renvoyée chez elle après deux tests négatifs depuis le début de l’épidémie. Elle a précisé que des guérisons étaient également possibles chez des personnes dont l’infection n’a pas été confirmée en laboratoire.
Depuis le début de l’épidémie, l’OMS a enregistré 17 décès confirmés et 223 décès suspects liés à Ebola en RDC. Au total, 125 cas confirmés et plus de 900 cas suspects ont été recensés. La souche en circulation, appelée Bundibugyo, ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifique. Elle présente un taux de létalité pouvant atteindre 50 %, mais pour l’instant, le taux observé dans cette épidémie est inférieur à 25 %, bien qu’il continue d’évoluer.
Une létalité pouvant atteindre 50 %
Ce taux de mortalité élevé dépend de plusieurs facteurs. Anaïs Legand souligne que l’accès précoce aux soins peut considérablement améliorer les chances de survie. Elle ajoute que l’OMS s’attend à voir davantage de personnes guérir à mesure que la riposte avance.
La responsable rappelle également que l’OMS ne recommande pas de restrictions aux déplacements ou au commerce avec la RDC ou l’Ouganda, malgré des mesures temporaires prises par certains pays. Par exemple, l’Ouganda a fermé sa frontière avec la RDC, et l’Italie a demandé à l’Union européenne de renforcer la surveillance aux frontières pour les personnes venant des zones touchées.
Sur la base des informations actuellement disponibles, l’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou au commerce avec la République démocratique du Congo ou l’Ouganda
Anaïs Legand insiste sur l’importance des mesures de santé publique : surveillance, recherche des contacts, dépistage précoce, isolement, prise en charge des cas suspects ou confirmés, prévention rigoureuse des infections, et gestion sûre des funérailles. Elle avertit que ces actions resteront essentielles dans la lutte contre l’épidémie.
Une épidémie sous-estimée ?
Le 15 mai, la RDC a déclaré une nouvelle épidémie de Ebola sur son immense territoire, qui compte plus de 100 millions d’habitants. L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale face à la gravité de la situation.
Le virus, responsable d’une fièvre hémorragique très contagieuse, circule déjà dans trois provinces congolaises. En outre, il a été détecté en Ouganda voisin, où sept cas confirmés, dont une mortelle, ont été recensés.
Les autorités sanitaires internationales estiment que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être sous-estimée. La capacité limitée de la RDC à effectuer des tests en laboratoire complique l’évaluation précise du nombre de cas.
Environ 15 000 personnes ont perdu la vie en Afrique à cause d’Ebola au cours des 50 dernières années. La dernière grande vague en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades.






