Le monde est-il mieux préparé face à l’hantavirus ? L’ex-ministre Agnès Buzyn fait le point sur les leçons du Covid-19
En 2020, le manque de masques au début de la crise du Covid-19 avait provoqué de vifs débats en France. Six ans plus tard, la situation semble s’être améliorée. Ce mercredi 13 mai, Matignon a confirmé que le stock de masques disponibles est « suffisant » pour protéger le pays pendant au moins trois mois.
Ancienne ministre de la Santé de 2017 à 2020, Agnès Buzyn affirme aujourd’hui que le monde « est mieux préparé » face à de potentielles nouvelles pandémies. Elle explique que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réagi de façon plus précoce face à l’hantavirus, notamment lors de la détection d’un foyer sur un bateau de croisière dans l’Atlantique.
Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 55 % des Français pensent que la France a tiré des leçons de la crise du Covid-19. Cependant, la pandémie a aussi mis en lumière l’importance de la coopération internationale.
« Les réponses ne peuvent pas être nationales »
Lors de ses déclarations, Agnès Buzyn souligne que la gestion de la crise sanitaire doit impérativement être une affaire mondiale. Elle insiste sur le fait que pour endiguer un virus, la prise en charge doit être correcte dans tous les pays. La coordination internationale apparaît ainsi essentielle.
En ce sens, Sébastien Lecornu a appelé à renforcer la coopération entre pays, notamment au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen. Le gouvernement français a également demandé aux ministres de mieux coordonner les protocoles sanitaires face à l’hantavirus.
« Nous avons tous appris ce que sont les gestes barrières »
La pandémie a aussi changé les comportements. Agnès Buzyn rappelle que la population a appris à pratiquer les gestes barrières, à respecter la distanciation, ou à s’isoler en cas de besoin. Toutefois, elle précise que ces mesures ne sont pas d’actualité pour l’instant.
Elle insiste sur le fait que d’autres pandémies pourraient survenir à l’avenir. La spécialiste évoque notamment la déforestation, qui multiplie les contacts entre humains et animaux, augmentant ainsi le risque d’émergence de nouveaux virus.
« Ce qui compte, ce n’est pas tant cet épisode-là, mais le fait de se préparer collectivement à potentiellement gérer d’autres pandémies. »
Elle souligne également que l’augmentation des déplacements internationaux facilite la propagation rapide des virus, rendant le risque de pandémie plus élevé qu’au siècle dernier.
Une approche prudente face à l’émergence de l’hantavirus
En décembre 2020, un rapport du Sénat avait déjà pointé le manque de préparation de la France face au Covid-19, notamment en ce qui concerne le stock de masques.
Agnes Buzyn, qui avait été mise en examen pour sa gestion de la crise puis relaxée en 2023, affirme qu’elle avait alerté sur la situation dès le début. Elle insiste aujourd’hui sur la nécessité de rester prudent avec l’hantavirus, qui n’est pas un coronavirus. La transmission de ce virus reste encore mal connue et pourrait nécessiter le port de masques, de gants ou de tenues de protection.
Elle rappelle également qu’il est important d’adapter la gestion en fonction des découvertes scientifiques, surtout en situation d’incertitude.
Le stock de masques : une assurance pour l’avenir
Ce mercredi, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué que la France dispose d’un stock stratégique de masques suffisant pour au moins trois mois en cas de nouvelle vague épidémique. Elle a aussi précisé qu’il n’y a actuellement « pas d’alerte » concernant un manque de places en réanimation.
Le gouvernement souhaite ainsi rassurer la population et éviter toute panique face à la menace d’un virus comme l’hantavirus, qui a récemment été détecté sur un bateau de croisière en France.
Une meilleure gestion de la crise
Agnès Buzyn constate que la société a évolué depuis la pandémie. Aujourd’hui, la majorité des acteurs, qu’ils soient médias ou responsables politiques, comprennent mieux qu’il faut agir avec prudence dans une situation d’incertitude. La science progresse et la gestion des crises s’en trouve améliorée.
Malgré cela, le gouvernement reste vigilant et continue de suivre l’évolution de la situation, notamment en menant des réunions interministérielles pour coordonner la réponse à l’éventuelle propagation de l’hantavirus.






