Le Lexomil : un médicament souvent confondu avec un somnifère
Le Lexomil®, dont la substance active est le bromazépam, est une benzodiazépine principalement utilisé comme anxiolytique. Cependant, il est parfois pris à tort comme un somnifère. Le Dr Gérard Macqueron, psychiatre, explique comment ce médicament agit, ses risques et ses précautions.
Comment agit le Lexomil ?
Le Lexomil® appartient à la classe des benzodiazépines. Il agit sur le système nerveux central en renforçant l’effet du GABA, un neurotransmetteur inhibiteur. Cela entraîne une diminution de l’anxiété, une action sédative et une relaxation musculaire.
Les noms génériques du Lexomil
Le médicament est également disponible sous plusieurs noms génériques, comme Bromazépam EG, Mylan, Biogaran, Sandoz, Cristers ou Zentiva.
Pour quelles raisons un médecin prescrit-il du Lexomil ?
Le Lexomil® est principalement autorisé pour traiter l’anxiété. Il est aussi souvent utilisé pour l’insomnie, mais cela doit rester exceptionnel. Selon le Dr Macqueron, son usage doit être limité à deux cas : en cas de trouble anxieux avéré, associé à une psychothérapie ou un traitement antidépresseur, ou ponctuellement pour une crise d’angoisse aiguë.
Le Lexomil pour dormir : est-ce une bonne idée ?
Le Lexomil® peut provoquer une sensation de fatigue ou d’endormissement, car il détend le corps. Cependant, ce n’est pas un somnifère. Son usage pour dormir n’est pas recommandé. Pour un sommeil efficace, il vaut mieux prescrire une benzodiazépine à courte durée de vie, comme l’Imovane® ou le Havlane®, pour une période limitée à moins de 4 semaines.
Certaines personnes prennent un quart de comprimé pour limiter les effets sédatifs et éviter la dépendance. Toutefois, il est important de ne pas modifier seul la dose sans avis médical, afin de permettre au médecin d’évaluer le traitement correctement.
Quelle est la demi-vie du Lexomil ?
La demi-vie du Lexomil® est en moyenne de 20 heures. Cela signifie que le corps met environ 20 heures pour éliminer totalement le médicament. Cette durée explique pourquoi des effets comme la somnolence ou la sensation de brouillard mental peuvent durer le lendemain, surtout lors des premiers traitements.
Cette longue demi-vie nécessite de respecter strictement la posologie prescrite et de suivre un suivi médical régulier pour éviter tout risque de surdosage, surtout si le traitement est quotidien, car le médicament n’a pas le temps d’être complètement éliminé entre deux prises.
Peut-on prendre du Lexomil pendant la grossesse ?
Il est recommandé d’éviter le Lexomil® pendant le premier trimestre de grossesse. Des malformations, comme des fentes palatines, ont été rapportées. En fin de grossesse, il existe aussi un risque pour le nouveau-né, notamment des troubles respiratoires ou un syndrome de sevrage. Si la prescription est indispensable, il faut arrêter l’allaitement, car le médicament passe dans le lait maternel et peut provoquer des effets sédatifs chez le bébé.
Quels effets lors de l’arrêt du traitement ?
En raison de sa longue demi-vie, les symptômes de sevrage, tels que l’anxiété ou l’insomnie, peuvent apparaître quelques jours après l’arrêt, lorsque le médicament est complètement éliminé. Pour limiter ces risques, il est conseillé de réduire progressivement la dose, en respectant une durée limitée de traitement.
Le Dr Macqueron recommande aussi d’explorer des alternatives naturelles comme la méditation, la musique, la danse ou le sport. Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont également très efficaces pour gérer l’anxiété.
Le Lexomil sans ordonnance : est-ce possible ?
Non. Le Lexomil® ne peut être délivré qu’sur prescription médicale. En raison de ses propriétés, il est classé sur la liste I, ce qui impose une consultation préalable auprès d’un médecin. La délivrance n’est pas systématiquement renouvelable sans nouvelle ordonnance.
Les contre-indications et précautions
Le Lexomil® ne doit jamais être utilisé dans les cas suivants :
- Hypersensibilité aux benzodiazépines ou à ses composants
- Insuffisance respiratoire sévère
- Insuffisance hépatique grave
- Myasthénie
- Apnée du sommeil
- Chez les personnes âgées de plus de 65 ans, la dose doit être réduite pour éviter les risques d’accumulation et de surdosage.
Le médicament est également contre-indiqué chez les toxicomanes, en raison du fort risque de dépendance, souligne le Dr Macqueron.






