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Une nouvelle faille dans l’ADN du cancer du pancréas ouvre l’espoir d’un traitement révolutionnaire

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En France, environ 14 000 personnes découvrent chaque année qu’elles souffrent d’un cancer du pancréas. Près de 13 000 en meurent, avec un taux de survie à cinq ans d’environ 10 %. Cette tumeur, longtemps considérée comme silencieuse, était difficile à traiter. Pourtant, des chercheurs internationaux affirment avoir identifié une faiblesse au cœur de son ADN.

Cette nouvelle faille a été décrite en 2025 dans la revue Gastroenterology par le City of Hope Cancer Center. Elle concerne une molécule expérimentale, AOH1996, qui bloque une protéine clé dans la réplication de l’ADN, appelée PCNA. Par ailleurs, en France, des chercheurs du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse étudient une autre fragilité : la protéine CDA, dans le but de développer de nouvelles thérapies ciblées.

Comment AOH1996 agit sur le cancer du pancréas

Les équipes du City of Hope ont montré que l’adénocarcinome canalaire pancréatique, la forme la plus courante de ce cancer, subit un stress important lors de la réplication de l’ADN. Lorsqu’une cellule lit et copie son ADN en même temps, deux machineries peuvent entrer en conflit. Cela crée des cassures dans l’ADN que la tumeur tente de réparer en utilisant la protéine PCNA.

AOH1996 agit en bloquant cette protéine, qui joue un rôle central dans la copie de l’ADN. Selon la revue Gastroenterology, cette molécule a permis, dans des modèles cellulaires, des organoïdes et sur des souris, de ralentir la croissance tumorale et d’augmenter la survie. Chez deux patients en échec thérapeutique, les métastases hépatiques ont été réduites d’environ 49 %.

Une autre piste de recherche en France : la protéine CDA

À Toulouse, l’équipe ImPact du Centre de recherches en cancérologie s’intéresse à la cytidine désaminase, ou CDA. Selon la Ligue contre le cancer, cette enzyme recycle les composants de l’ADN et est présente dans les tumeurs pancréatiques agressives. Sa neutralisation chez l’animal entraîne une régression de la tumeur.

Les chercheurs toulousains considèrent CDA comme un « talon d’Achille » du cancer du pancréas. Ils travaillent sur des anticorps capables d’entrer dans la cellule et de la cibler. Ces deux approches, AOH1996 et la suppression de CDA, ont en commun de viser des dépendances spécifiques à chaque tumeur, plutôt que de frapper de manière générale.

Ce que ces découvertes signifient encore pour le traitement

Malgré ces avancées prometteuses, le pronostic reste réservé. Selon l’Institut national du cancer et l’Organisation mondiale de la santé, le cancer du pancréas pourrait devenir la deuxième cause de mortalité en France d’ici 2030. Un essai clinique de phase I, portant la référence NCT05227326, teste actuellement AOH1996 chez des patients atteints de tumeurs solides, dont celles du pancréas. L’objectif principal est d’évaluer la sécurité et la dose, et non de prouver une efficacité curative.

Pour les personnes touchées, ces traitements restent encore expérimentaux. Ils sont accessibles uniquement via des essais cliniques encadrés, en attendant des phases ultérieures. Il est conseillé de discuter avec son oncologue pour connaître les études en cours et vérifier si la situation du patient correspond aux critères de ces protocoles.

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