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Alerte urgence sur le Nicorandil : un médicament pour le cœur à retirer immédiatement

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Une alerte sur le médicament pour le cœur Nicorandil

Le nicorandil, commercialisé sous le nom d’Ikorel, est un médicament prescrit depuis les années 1990 pour soulager l’angine de poitrine. Cette douleur thoracique est causée par une mauvaise circulation sanguine dans le cœur. Cependant, la revue médicale Prescrire, qui avait déjà mis ce médicament sur sa liste noire, demande maintenant son retrait complet auprès des autorités sanitaires.

Dans un courrier daté du 8 mars, adressé à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et à la Haute Autorité de santé (HAS), Prescrire insiste sur la nécessité d’agir rapidement. La revue souligne que la protection des patients contre les dangers du nicorandil doit être une priorité.

Des effets secondaires graves et parfois mortels

Le nicorandil est utilisé pour traiter l’angor, mais son efficacité est limitée. Selon Prescrire, il n’a pas prouvé qu’il réduisait le risque d’infarctus ou de décès liés aux maladies du cœur.

Ce qui inquiète le plus, ce sont les complications graves observées chez certains patients. Entre 2017 et 2024, au moins 62 cas d’ulcérations ont été recensés en France. Cependant, ce chiffre pourrait être sous-estimé, car tous les cas ne sont pas forcément déclarés aux centres de pharmacovigilance.

Ces lésions peuvent toucher différentes parties du corps : la peau, la bouche, les intestins ou encore les zones génitales. Elles sont souvent douloureuses, persistantes et difficiles à traiter. Dans les cas graves, elles peuvent entraîner une hospitalisation, des interventions chirurgicales, voire des décès liés à la perforation d’organes.

Une balance bénéfices-risques jugée défavorable

Pour Prescrire, le bilan est clair : les risques du nicorandil dépassent largement ses bénéfices. Depuis 2011, la revue recommande même de ne plus l’utiliser, car d’autres traitements pour l’angor existent, comme certains bêtabloquants ou inhibiteurs calciques, qui sont mieux évalués et plus sûrs.

Malgré ces recommandations, le médicament est encore largement prescrit. En 2024, près d’un million de boîtes ont été remboursées par l’Assurance maladie à environ 71 000 patients en ville. Cette situation pousse aujourd’hui Prescrire à demander aux autorités de prendre des mesures plus radicales.

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