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Cancers ORL : 40 nouvelles victimes par jour découvrez comment vous protéger

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Les cancers de la tête et du cou, aussi appelés cancers ORL ou des voies aérodigestives supérieures, se développent dans des zones telles que la bouche, la langue, la gorge, les fosses nasales ou les sinus. Selon le Dr Ingrid Breuskin, chirurgien et chef du comité ORL de Gustave Roussy, chaque année en France, entre 15 000 et 16 000 nouvelles personnes sont diagnostiquées, ce qui représente environ 40 cas par jour. Ces cancers causent environ 3 500 décès chaque année, un chiffre stable ces dernières années.

Ils touchent principalement les hommes, à hauteur de 70 %, mais leur incidence chez les femmes augmente, notamment à cause de changements dans les habitudes de consommation de tabac et d’alcool. La majorité des tumeurs se localisent dans la bouche ou le pharynx, et près de 70 % sont détectées à un stade avancé, compliquant leur traitement. Si le tabac et l’alcool restent les principaux facteurs de risque, les infections par le papillomavirus (HPV) jouent un rôle croissant, surtout dans les cancers de l’oropharynx.

Qu’est-ce qu’un cancer ORL ou « tête et cou » ?

Un cancer de la tête et du cou concerne l’ensemble de la sphère ORL, de la base du crâne à la base du cou. Il peut toucher :

  • la cavité buccale (bouche, langue, lèvres, mâchoire)
  • l’oropharynx (voile du palais, amygdales, base de la langue)
  • le larynx
  • l’hypopharynx
  • le nasopharynx (situé derrière les fosses nasales)
  • les fosses nasales et les sinus

Ces cancers se développent généralement sur la muqueuse, la surface rose qui tapisse ces zones. Lorsqu’un cancer naît de cette muqueuse, on parle de « carcinome épidermoïde ».

  • Environ 90 % des cancers ORL sont des carcinomes épidermoïdes.
  • Les 10 % restants concernent des tumeurs rares.

Quels sont les types de cancers ORL ?

À quel âge surviennent ces cancers ?

Ils apparaissent généralement entre 50 et 60 ans, mais peuvent aussi survenir dès 30 ou 40 ans, notamment ceux liés au HPV.

Quels sont les signes d’alerte ?

Les symptômes des cancers ORL ne sont pas spécifiques et peuvent ressembler à un rhume ou une angine. Parmi eux :

  • voix enrouée ou perte de voix
  • ganglions dans le cou
  • douleurs à l’oreille
  • maux de gorge
  • difficultés ou douleurs lors de la déglutition (dysphagie)
  • lésions ressemblant à des aphtes dans la bouche
  • nez bouché
  • saignements de nez fréquents

Le Dr Breuskin insiste : si ces symptômes persistent plus de trois semaines, il faut consulter un médecin.

Quand et qui consulter ?

Il est important de consulter un médecin généraliste si ces symptômes durent plus de trois semaines. Ce dernier pourra orienter vers un spécialiste ORL pour un examen approfondi.

Quelles sont les causes et facteurs de risque ?

Les carcinomes épidermoïdes sont principalement liés au tabac et à l’alcool. La consommation excessive de ces substances augmente significativement le risque de développer un cancer ORL. Leur combinaison a un effet synergique, multipliant encore plus ce risque.

Depuis une dizaine d’années, l’importance du HPV dans ces cancers est reconnue. Ces cancers liés au papillomavirus peuvent apparaître chez des personnes sans consommation de tabac ou d’alcool. Cependant, une fois le cancer développé, l’infection par le virus n’est plus présente.

Le Dr Breuskin souligne également que des maladies inflammatoires, comme le lichen plan buccal, peuvent évoluer en cancer si elles ne sont pas surveillées. Certaines tumeurs rares, notamment chez les travailleurs du bois, sont liées à une exposition prolongée aux tanins du bois.

Quels examens pour diagnostiquer un cancer ORL ?

Lors de l’examen clinique, de nombreuses lésions visibles peuvent permettre de suspecter un cancer. Ensuite, une nasofibroscopie est souvent réalisée. Elle consiste à insérer un petit endoscope dans les voies naturelles pour explorer les fosses nasales, le pharynx et le larynx.

Un bilan d’imagerie complet est également nécessaire, comprenant :

  • un scanner de la tête, du cou et des poumons avec contraste
  • une IRM de la tête et du cou
  • un PET-scan

En complément, une endoscopie sous anesthésie générale permet d’examiner toutes les zones des voies aérodigestives et de réaliser des biopsies. Ces examens permettent de confirmer le diagnostic, de déterminer la taille et l’étendue du cancer selon la classification TNM, et d’établir une stratégie de traitement adaptée.

Le traitement : peut-on guérir un cancer ORL ?

Le traitement combine généralement chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie.

• La chirurgie vise à retirer la tumeur et les ganglions lymphatiques. Elle peut être réalisée par des techniques classiques ou mini-invasives, comme la chirurgie endoscopique, la chirurgie robotisée ou au laser. Une reconstruction peut être nécessaire lors des interventions plus avancées.

• La radiothérapie est aussi couramment utilisée, souvent associée à la chimiothérapie pour renforcer son efficacité.

• Pour les cancers à un stade précoce (moins de 4 cm), un traitement seul, soit chirurgical, soit radiothérapique, suffira dans la majorité des cas.

• Pour les cancers plus avancés, un traitement multimodal est recommandé. Il peut associer une chirurgie, une radiothérapie post-opératoire et éventuellement une chimiothérapie. Parfois, une chimiothérapie en première intention est proposée.

• En cas de récidive ou de métastases, la chimiothérapie est privilégiée pour réduire la maladie et soulager les symptômes.

Il existe aussi l’immunothérapie, utilisée dans les cas récidivants ou métastatiques, ou en association avec la radiothérapie dans le cadre d’essais cliniques. La prise en charge est toujours multidisciplinaire, intégrant notamment une prévention dentaire, une aide nutritionnelle et un accompagnement en addictologie si nécessaire.

Quel est le taux de survie ?

Malgré les progrès, le pronostic global reste stable, avec un taux de survie à 5 ans d’environ 50 %. Cependant, ce taux peut atteindre près de 80 % si le cancer est détecté précocement. Lorsqu’il est lié au HPV, la survie à 5 ans dépasse généralement 90 %. La détection précoce est essentielle pour améliorer ces chances.

Comment prévenir ces cancers ?

Les mesures de prévention consistent à réduire l’exposition aux facteurs de risque :

  • Réduire sa consommation de tabac et d’alcool
  • La vaccination contre le HPV, recommandée pour les jeunes filles de 11 à 14 ans, avec un rappel jusqu’à 19 ans, et désormais aussi pour les jeunes garçons, peut contribuer à diminuer l’incidence de ces cancers liés au virus.

Le Dr Ingrid Breuskin remercie pour ses précisions.

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