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Délai médical en France : vers une crise d’accès à la santé ?

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Les délais pour obtenir un rendez-vous médical en France sont de plus en plus longs. Selon le 3ᵉ baromètre de la Fédération hospitalière de France (FHF) réalisé avec Ipsos/BVA, il faut en moyenne douze jours pour voir un médecin généraliste, contre environ quatre jours en 2019. Pour consulter un spécialiste, il faut attendre plus de deux mois, avec des disparités selon les régions. En sept ans, ces délais ont été multipliés par trois, alors que la médecine de ville reste la première porte d’entrée du système de soins.

Les délais pour accéder à certains spécialistes sont particulièrement longs. Il faut compter en moyenne deux mois et dix jours pour un ORL, plus de trois mois pour un cardiologue, et environ quatre mois pour un dermatologue. Ces chiffres, donnés à l’échelle nationale, laissent supposer que dans certaines zones, l’attente peut être encore plus longue. Ces délais importants contribuent à un phénomène massif de renoncement aux soins.

Une situation qui se dégrade fortement en France

Le baromètre souligne que 40 % des Français trouvent l’accès aux soins difficile dans leur région. De plus, 36 % se considèrent en situation de désert médical. Près de la moitié des sondés rencontrent des difficultés pour consulter un généraliste, et 63 % pour un spécialiste. Parmi eux, près d’un quart décrivent la situation comme « très difficile ». En zones rurales ou dans les petites villes, ces difficultés sont encore plus marquées.

Les raisons du renoncement aux soins

Face à ces délais d’attente, 59 % des Français ont déjà renoncé à un acte médical, comme une consultation ou des analyses, principalement en raison du temps d’attente. Ce chiffre est stable par rapport à l’année précédente. Au total, 73 % des personnes interrogées ont renoncé à au moins un soin au cours des cinq dernières années. Un autre sondage de l’Observatoire de la FHF indique que 81 % des Français ont renoncé à consulter au moins une fois au cours des douze derniers mois.

Les motifs évoqués sont nombreux. En premier lieu, 65 % des personnes citent les délais trop longs. Environ 60 % mentionnent l’absence de spécialistes à proximité, et entre 40 et 47 % évoquent le coût ou le remboursement insuffisant. La revalorisation de la consultation de médecine générale à 30 € a renforcé le sentiment que les soins sont « trop chers », surtout pour les foyers sans complémentaire santé solide. En zone rurale, il faut aussi compter les frais de transport et la perte d’une journée de travail.

Impact sur les urgences et l’hôpital

Face à ces longues attentes, beaucoup de patients se tournent vers les services d’urgence. Selon le baromètre, 49 % des personnes interrogées se sont déjà rendues aux urgences pour des raisons qui ne nécessitaient pas une prise en charge immédiate. Des enquêtes relayées par la FHF et BFM TV montrent qu’au moins un Français sur deux y a récemment été pour un motif non urgent, parfois après un refus de prise en charge par un médecin de ville.

Cette situation a des répercussions sur l’hôpital. Selon le baromètre, 53 % des Français ont été concernés, directement ou pour un proche, par un retard de prise en charge médicale à l’hôpital au cours des cinq dernières années. Les spécialistes évoquent aussi une « dette de santé publique » liée à la pandémie, avec des diagnostics tardifs et des pathologies plus graves, dans un contexte de fermetures de lits et de pénurie de soignants.

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