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Douleur buccale : bénigne ou signe de cancer, comment faire la différence

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Une douleur buccale souvent bénigne, mais potentiellement grave

Une gêne sur la langue, une joue mordue ou une douleur dentaire sont des problèmes courants qui touchent tout le monde à un moment ou un autre. La majorité du temps, ces douleurs proviennent de causes bénignes comme un aphte, une infection des gencives, une prothèse qui frotte ou une carie. Cependant, ces mêmes zones de la muqueuse buccale peuvent aussi être le signe d’un cancer de la bouche, un type de carcinome épidermoïde des voies aéro-digestives supérieures.

Le Dr Deepa Chopra, dentiste à Whites Dental, avertit que certains symptômes peuvent évoluer lentement et être confondus avec des problèmes mineurs. Elle recommande de consulter un professionnel si ces symptômes persistent plus de quelques semaines.

Différencier un aphte d’un autre problème

Il est facile de confondre un aphte avec un ulcère. La différence principale réside dans la durée de la cicatrisation : un aphte guérit généralement en 10 à 15 jours. Au-delà de ce délai, il est conseillé de consulter un dentiste. Si l’ulcère s’accompagne de taches rouges, blanches ou de bosses dans la bouche, il faut agir rapidement.

Signes d’alerte autour de la gorge et de la bouche

Le Dr Chopra attire aussi l’attention sur des symptômes liés à la gorge. Parmi eux, un mal de gorge qui persiste, des difficultés à avaler, une gêne lors de la mastication ou des douleurs d’oreille. Un engourdissement de la lèvre ou de la mâchoire peut aussi justifier une investigation approfondie. La voix rauque ou tout changement de tonalité qui ne s’améliore pas est également un signal à ne pas négliger.

Les autres symptômes à surveiller

Un saignement des gencives, bien que souvent lié à une inflammation, peut aussi être un signe à surveiller. Si ces saignements sont inhabituels, persistants ou s’aggravent, il est prudent de consulter un professionnel.

Pour réduire les risques, le Dr Chopra recommande des examens réguliers chez le dentiste. Ces contrôles permettent d’identifier rapidement d’éventuels changements, parfois avant qu’ils ne présentent des symptômes. Elle insiste sur l’importance de connaître ce qui est normal pour soi et de consulter dès que des anomalies apparaissent.

Le cancer de la bouche : un enjeu de santé publique

En France, en 2018, Santé Publique France estimait à 4 677 le nombre de nouveaux cas de cancer de la cavité buccale, répartis entre 3 106 hommes et 1 571 femmes. La majorité des patients atteints sont fumeurs : 90 % selon le Centre de lutte contre le cancer Léon Bernard. Le risque augmente avec la quantité de tabac consommée et la durée de cette consommation. Fumer ou avoir fumé multiplie par six le risque de développer un cancer buccal par rapport aux non-fumeurs. L’arrêt du tabac peut, dans certains cas, inverser cette tendance.

Le fait de consommer de l’alcool est également un facteur de risque majeur. Environ 75 % des patients atteints de ce type de cancer en consomment. L’alcool augmente la perméabilité de l’épithélium oral, favorise la prolifération cellulaire et génère des radicaux libres capables de causer des dommages à l’ADN. Chez une personne qui mélange alcool et tabac, le risque de développer un cancer des voies aérodigestives est multiplié par 15.

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