Une patiente amputée après une fracture à la cheville au CHU de Poitiers
Au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers, une femme qui s’était présentée avec une fracture à la cheville a finalement dû subir l’amputation de sa jambe. La justice a ordonné à l’établissement de verser une indemnisation de 1,23 million d’euros à la victime.
Un parcours médical difficile et des complications
En 2016, cette femme de 34 ans s’est rendue au CHU de Poitiers pour traiter une fracture à la cheville. Après son hospitalisation, elle a contracté une infection. En 2017, la même patiente s’est de nouveau fracturé la cheville, et une infection s’est déclarée lors d’un autre passage à l’hôpital. En avril 2018, un staphylocoque doré a été diagnostiqué. La situation s’est aggravée, et en décembre 2020, la jambe de la patiente a été amputée.
Ce parcours médical chaotique a conduit la victime à poursuivre l’établissement en justice. Elle a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, qui lui a accordé une réparation financière importante.
Une responsabilité reconnue pour manquement de suivi
Selon un expert mandaté pour analyser le dossier, l’hôpital est responsable d’un « manquement de suivi ». Ce défaut a été déterminant dans la décision d’amputer la jambe de la patiente, en novembre 2021.
La victime avait initialement demandé une indemnisation supérieure à trois millions d’euros, dénonçant une « errance médicale » durant 18 mois. Elle affirme n’avoir jamais été orientée vers un infectiologue, ce qui aurait permis un traitement plus adapté.
Le montant final de l’indemnisation s’élève à 1 018 020 euros, auxquels s’ajoutent 210 000 euros d’intérêts, pour atteindre 1,23 million d’euros. Cette somme sera versée par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, à qui le CHU devra rembourser la moitié du montant.
Une procédure en appel en cours
Le Centre hospitalier de Poitiers dispose de deux mois pour faire appel de cette décision.






