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Fatigue constante : un signe caché de votre santé à ne pas ignorer

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Une fatigue constante, ressentie du matin au soir, peut parfois cacher un problème de santé. Beaucoup de Français pensent que cette sensation de lassitude, surtout en hiver, est normale. Elle peut être liée au manque de lumière, à un emploi du temps chargé ou à des nuits écourtées.

Cependant, selon des spécialistes, une fatigue persistante n’est pas toujours anodine. Niamh McMillan, pharmacienne, explique que se sentir plus fatigué durant l’hiver peut être normal. Mais si cette sensation devient constante, qu’elle affecte la concentration, l’humeur ou le fonctionnement quotidien, cela peut indiquer un problème à l’intérieur du corps.

Ce doute se pose lorsque cette fatigue dure au moins quatre à six semaines, qu’elle revient chaque matin dès le réveil, et qu’elle nuit à la concentration ou à l’état d’esprit, même en ayant suffisamment dormi ou en étant en vacances. Dans ce contexte, il est possible que cette fatigue soit liée à des carences en fer, vitamine B12 ou vitamine D, fréquentes en hiver, ou à un problème hormonal. Lorsque des analyses de sang sont réalisées pour en déterminer la cause, la thyroïde est souvent l’un des premiers organes à être examiné.

Comment un dérèglement de la thyroïde peut épuiser le corps

La thyroïde est une petite glande située à la base du cou. Elle joue un rôle clé dans la régulation du métabolisme, de la température corporelle, du rythme cardiaque, de la musculature et même de l’humeur. Niamh McMillan précise que lorsque la thyroïde fonctionne moins bien, le corps peut ressentir une fatigue persistante, un brouillard mental, ainsi que des variations de poids et une sensibilité accrue au froid.

Lorsque les hormones produites par la thyroïde sont en déficit, cela ralentit toutes les fonctions de l’organisme. On parle alors d’hypothyroïdie. La fatigue physique et intellectuelle est l’un des premiers signes de cette maladie, qui peut s’accompagner d’autres symptômes comme la prise de poids inexpliquée, une sensation de froid intense, de la constipation, des crampes musculaires, une peau sèche, une chute de cheveux, un visage gonflé, ou encore des troubles de l’humeur et des règles irrégulières.

Quand effectuer un bilan de la thyroïde ?

Il est conseillé de consulter un médecin si la fatigue dure plus d’un mois, perturbe la vie quotidienne ou s’associe à d’autres symptômes évoquant une pathologie thyroïdienne. La présence d’antécédents familiaux dans ce domaine est également un facteur à prendre en compte.

Le médecin effectuera un examen clinique, en vérifiant notamment la tension, le rythme cardiaque, et en palpant le cou. Il pourra aussi rechercher des carences en fer ou en vitamines. Le diagnostic repose généralement sur une analyse sanguine, où le taux de TSH (hormone stimulant la thyroïde) est mesuré en premier lieu. En cas de résultat anormal, un dosage de la T4 libre peut être réalisé. La présence d’anticorps peut aussi orienter vers une thyroïdite de Hashimoto.

Une TSH élevée indique une hypothyroïdie, tandis qu’une TSH basse évoque une hyperthyroïdie. Cette dernière, même si elle provoque aussi de la fatigue, se manifeste souvent par une perte de poids, des palpitations et de la nervosité.

Il faut noter que la prévalence de l’hyperthyroïdie tend à augmenter, notamment à cause d’une carence en iode, qui devient plus fréquente. En juin 2024, l’OMS a alerté à ce sujet. La consommation croissante de substituts végétaux dans l’alimentation occidentale, moins riches en iode que le lait, les produits laitiers ou le poisson, pourrait en être responsable.

Selon le rapport de l’OMS, le lait et les produits laitiers restent des sources importantes d’iode, en particulier pour les enfants. Les femmes, qui ont déjà un risque plus élevé de carence, seraient particulièrement concernées par cette évolution vers des produits végétaux, ce qui pourrait aggraver leur déficit en iode et leur risque de maladies thyroïdiennes, avertit le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

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