Une situation surprenante à Barcelone : un patient atteint d’un cancer avancé contraint de travailler
À Barcelone, l’histoire de Pepe Espino suscite beaucoup d’étonnement. Agé de 54 ans, cet employé espagnol vit depuis quatre ans avec un cancer de la prostate de stade 4. La maladie s’est propagée aux os, aux poumons et aux tissus mous. Ses médecins estiment qu’il lui reste environ cinq ans à vivre, tout en l’intégrant dans un essai clinique.
Malgré son état, Pepe Espino a voulu continuer à travailler. Cependant, les traitements hormonaux qu’il suit pour soulager ses symptômes ont fini par l’affaiblir. Il souffre désormais de fatigue intense, de douleurs chroniques et de fourmillements dans tout le corps. Après deux ans et demi d’arrêt maladie, il a été convoqué par l’Institut catalan des évaluations médicales, un organisme chargé de conseiller la Sécurité sociale espagnole, pour une évaluation de sa santé.
Lors de cet entretien de vingt minutes, l’administration a décidé qu’il était apte à reprendre son emploi. La reconnaissance d’invalidité permanente lui a été refusée. Cette décision va à l’encontre des rapports détaillés de ses oncologues, qui ont l’habitude de traiter des cancers très avancés.
Une évaluation contestée par les médecins
Pepe Espino décrit son quotidien comme très difficile : il souffre d’une fatigue écrasante, de douleurs articulaires aiguës et de fourmillements dans tout le corps. Les médecins parlent aussi d’une anxiété constante qui l’empêche de se projeter dans l’avenir. Pour lui, qui a un pronostic vital limité, il est déjà très difficile de se rendre au travail, de rester concentré plusieurs heures ou d’effectuer des tâches physiques.
Un oncologue avec 35 ans d’expérience affirme n’avoir jamais vu un patient avec un cancer aussi avancé être renvoyé au travail. Son avocat, Jaume Cortés, dénonce une décision « déconnectée » des capacités réelles de son client, qui ne peut pas fournir l’énergie ni l’endurance nécessaires. Pour Pepe, cette situation est un choc psychologique, renforçant un sentiment d’abandon.
Une réclamation a été déposée pour contester cette décision. Pepe Espino attend désormais une nouvelle évaluation de son dossier, entre la lutte contre la maladie et la bataille administrative qui pourrait influencer ses dernières années de vie.






