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Une puce révolutionnaire redonne la vue aux malvoyants de la DMLA

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Une prothèse oculaire qui améliore la vue chez les patients atteints de DMLA

Une petite puce de 2 millimètres carrés, placée sous la rétine, permet à certaines personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) avancée de retrouver une partie de leur vision. Cet implant sous-rétinien PRIMA DMLA atrophique, associé à des lunettes spécialisées, a permis à des patients de lire des lettres ou des mots lors d’un essai international publié le 20 octobre 2025 dans la revue New England Journal of Medicine.

L’étude, nommée PRIMAvera, a inclus 38 personnes d’environ 79 ans, suivies dans 17 centres répartis dans cinq pays européens. Après un an, 81 % des 32 patients évaluables montraient une amélioration significative de leur acuité visuelle centrale. Cependant, la prudence est de mise : la vision reste en noir et blanc, le dispositif est encombrant, la chirurgie est complexe, et la rééducation longue.

La DMLA atrophique : quand la vision centrale disparaît

La DMLA dite « sèche » ou atrophique détruit lentement les photorécepteurs de la macula, la zone centrale de la rétine. Cette zone est essentielle pour lire, reconnaître les visages ou distinguer les détails fins. La périphérie visuelle reste souvent intacte, ce qui explique que certains patients voient encore les silhouettes, mais plus les traits précis d’un proche. Cette forme avancée, appelée atrophie géographique, concerne près de 200 millions de personnes dans le monde.

Le risque augmente avec l’âge : environ 2 % des 40-44 ans sont touchés, contre 42 % des personnes dans la fin de la quarantaine, et jusqu’à 60 % chez les nonagénaires. Bien que certains traitements récents ralentissent la progression, ils ne permettent pas de retrouver la vision perdue. C’est précisément cette absence de solution que cherche à combler la prothèse rétinienne.

Comment fonctionne le système PRIMA

Le système PRIMA combine un implant et des lunettes de « réalité augmentée ». L’implant, un carré de 2×2 mm, épais d’environ 30 micromètres et comportant 378 pixels-électrodes, est placé sous la rétine au niveau de la macula. Il agit comme un petit panneau solaire : il capte la lumière proche infrarouge et la transforme en signaux électriques pour stimuler les cellules rétiniennes encore vivantes.

Les lunettes intègrent une caméra qui filme la scène devant le patient. Les images sont envoyées à un petit ordinateur porté à la ceinture, où des algorithmes d’intelligence artificielle transforment ces images en motifs infrarouges projetés sur l’implant. La longueur d’onde de cette lumière est de 880 nm, avec une fonction de zoom jusqu’à ×12. Il s’agit bien d’une prothèse oculaire électronique, même si l’œil reste en place. Pendant plusieurs mois, les participants ont suivi une rééducation intensive pour apprendre à interpréter ces nouveaux signaux et améliorer leur capacité à lire.

Ce que les patients perçoivent et les limites

Les résultats montrent qu’un gain d’au moins 0,2 logMAR (environ 10 lettres sur l’échelle ETDRS) a été observé chez 81 % des patients après 12 mois. Près de 84 % ont déclaré pouvoir lire certaines lettres, chiffres ou mots avec le système activé. Toutefois, la vision reste en noir et blanc, avec un champ visuel limité. Selon un spécialiste, il est peu probable que la vision soit complètement restaurée à 20/20 uniquement avec cette technologie. Néanmoins, elle permet d’améliorer la qualité de vie et de dépasser le seuil de la cécité légale. Les patients souhaitent notamment pouvoir reconnaître à nouveau les visages et les émotions.

L’étude a recensé 26 événements indésirables graves chez 19 participants, principalement liés à la chirurgie, survenus surtout dans les deux premiers mois. La majorité de ces complications ont été résolues. Certains experts restent prudents : ils soulignent que les résultats auraient été plus solides si une étude comparative avec un groupe placebo n’avait pas été nécessaire. Le chercheur Daniel Palanker, co-inventeur du dispositif, envisage déjà d’améliorer la technologie en intégrant un logiciel capable de renforcer la reconnaissance des visages. La surveillance des patients doit continuer jusqu’à 36 mois avant d’envisager une généralisation plus large.

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