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Un sirop contre la toux pourrait freiner la démence de Parkinson découvrez comment

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Un simple sirop contre la toux, vendu en pharmacie comme mucolytique, pourrait-il ralentir l’évolution de certaines formes de démence liées à la maladie de Parkinson ? C’est la question soulevée par une étude clinique récente. Celle-ci a testé l’ambroxol chez des patients atteints de démence parkinsonienne. Publiée le 30 juin 2025 dans la revue JAMA Neurology, cette étude de phase 2 indique une stabilisation de certains symptômes, sans toutefois prouver une amélioration claire de la mémoire.

La démence liée à la maladie de Parkinson se manifeste par des troubles moteurs, des pertes de mémoire, des hallucinations et des variations de l’humeur. Elle a un impact majeur sur l’autonomie des patients. L’idée qu’un médicament simple, comme un sirop contre la toux, puisse influencer l’évolution de cette maladie suscite beaucoup d’espoir. Cependant, les chercheurs insistent sur le fait que ces résultats sont encore préliminaires. Il est donc important de ne pas commencer seul un traitement à base d’ambroxol.

Ce que révèle l’essai publié dans JAMA Neurology

L’essai, enregistré sous le numéro NCT02914366 sur ClinicalTrials.gov, a inclus 55 personnes atteintes de démence parkinsonienne. Ces patients ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit de l’ambroxol, soit un placebo, pendant 52 semaines. La dose utilisée était élevée, jusqu’à 1050 mg par jour, bien plus que celle habituellement prescrite pour la toux. Les chercheurs ont principalement évalué la cognition à l’aide de l’échelle ADAS-Cog-13 et de l’impression clinique globale de changement (CGIC). Aucun bénéfice significatif de l’ambroxol sur ces critères n’a été observé.

Cependant, certains signaux intéressants ont été relevés. Sur le Neuropsychiatric Inventory, qui mesure les symptômes neuropsychiatriques tels que hallucinations, agitation ou idées délirantes, le groupe placebo a montré une aggravation importante, alors que les patients sous ambroxol sont restés globalement stables. De plus, un biomarqueur sanguin, la protéine GFAP, associée à la souffrance cérébrale, a augmenté dans le groupe placebo mais est restée stable chez ceux traités avec l’ambroxol. Ces résultats restent cependant exploratoires et ne constituent pas une preuve définitive.

Pourquoi ce sirop contre la toux intrigue la recherche sur Parkinson

L’ambroxol n’est pas à l’origine un neuroprotecteur. C’est un mucolytique qui fluidifie les sécrétions bronchiques. Son intérêt pour la neurologie repose sur sa capacité à augmenter l’activité de la bêta-glucocérébrosidase (GCase), une enzyme qui aide à éliminer les déchets dans les lysosomes des neurones. Certaines variantes du gène GBA1, qui code cette enzyme, représentent l’un des principaux facteurs génétiques de risque pour la maladie de Parkinson et la démence à corps de Lewy. Ces maladies sont caractérisées par l’accumulation d’alpha-synucléine.

En stimulant GCase, l’ambroxol pourrait favoriser la dégradation de ces protéines toxiques, en théorie. Le neurologue Stephen Pasternak, du Lawson Research Institute, explique que nos traitements actuels ne font que traiter les symptômes, sans changer l’évolution de la maladie. Dès 2009, l’ambroxol avait été proposé comme traitement potentiel. Un premier essai en 2020 avait montré qu’il atteignait le cerveau et augmentait l’activité de GCase. Les chercheurs prévoient maintenant un nouvel essai axé sur la cognition et travaillent également sur des molécules similaires développées par la société Zywie Bio.

Ce qu’il faut retenir de l’usage de l’ambroxol en France et ailleurs

En France, l’ambroxol est présent dans certains sirops et solutions buvables contre la toux, disponibles sur ordonnance ou en automédication. Dans la majorité des pays, il se vend sans ordonnance, sauf aux États-Unis et au Canada. Les doses utilisées dans ces médicaments en vente libre sont généralement beaucoup plus faibles que celles testées dans l’étude. L’Agence européenne des médicaments signale toutefois quelques réactions allergiques ou cutanées graves, même si elles sont rares. La revue indépendante Prescrire recommande d’éviter ces médicaments pour la toux banale, faute de bénéfice avéré.

Pour les personnes concernées par une démence parkinsonienne, cette étude apporte surtout :

  • aucune preuve d’amélioration durable de la mémoire ;
  • des signaux prometteurs sur certains symptômes, à confirmer par de futures recherches ;
  • l’importance de consulter son neurologue avant toute prise de médicament.

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