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Un Nouveau signe génétique révolutionne la détection précoce du cancer du pancréas

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Un nouveau signe génétique pour détecter le cancer du pancréas

En 2023, près de 16 000 Français ont appris qu’ils souffraient d’un cancer du pancréas, selon l’Institut national du cancer (INCa). Sur le plan mondial, en 2021, plus de 508 000 nouveaux cas ont été recensés, avec plus de 505 000 décès. Ce type de cancer est particulièrement redouté, car il est souvent détecté tardivement. Récemment, une équipe de chercheurs de l’Université de Californie à San Diego a identifié un « signe discret » pouvant indiquer la présence d’un cancer du pancréas : une signature génétique appelée STRESS.

Une empreinte moléculaire invisible à l’œil nu

La signature STRESS n’est pas un symptôme visible comme la douleur ou la jaunisse. Il s’agit d’une empreinte moléculaire détectée dans un type précis de cancer, l’adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC). Ce cancer est la forme la plus courante et la plus agressive, avec un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 %. La détection précoce de cette signature pourrait permettre d’identifier les patients à risque bien avant l’apparition des premiers signes cliniques.

Comment fonctionne cette signature génétique ?

Une signature génétique correspond à un ensemble de gènes qui s’activent ou se désactivent selon l’état de la cellule. Dans cette étude publiée le 26 août 2025 dans la revue Cell Reports, les chercheurs ont étudié une protéine clé, STAT3. Lorsqu’une cellule pancréatique subit un stress, comme une inflammation chronique ou un manque d’oxygène (hypoxie), STAT3 s’active. Cela déclenche une cascade de gènes liés à l’initiation des tumeurs pancréatiques.

Les scientifiques ont identifié dix gènes activés par STAT3 dans ces conditions de stress. Ces gènes forment la signature STRESS, une sorte d’empreinte précurseur du cancer. Selon les chercheurs, de nombreux patients présentent cette signature, ce qui pourrait indiquer un risque accru de développer une tumeur ou de mal répondre aux traitements classiques.

Le rôle du gène ITGB3 et la résistance des tumeurs

En approfondissant leur étude, les chercheurs ont mis en évidence un autre acteur important : le gène ITGB3. Ce gène code pour une protéine appelée intégrine bêta 3. Sous l’effet de STAT3, cette protéine aide les cellules cancéreuses à s’accrocher, à migrer et à survivre, même après une chimiothérapie. Les tumeurs où cette voie est très active sont généralement plus agressives et plus résistantes aux traitements.

Les scientifiques ont aussi décrit une version élargie de la signature, comprenant 18 gènes contrôlés par STAT3 via des régions spécifiques de l’ADN appelées enhancers. Ces régions régulent l’accessibilité de la chromatine, influençant la réponse au stress. La version simplifiée à dix gènes facilite toutefois l’utilisation de cette signature comme biomarqueur.

Implications pour le dépistage et le traitement

La détection de la signature STRESS pourrait, à terme, permettre aux médecins d’évaluer le risque de développer un cancer du pancréas. Elle pourrait aussi aider à anticiper la gravité d’une tumeur. De plus, cette découverte ouvre la voie à des traitements ciblant la protéine STAT3, afin de limiter l’expression des gènes liés au stress et à la progression tumorale.

Pour le moment, ces travaux restent expérimentaux et aucun test basé sur la signature STRESS n’est encore disponible pour le grand public. En cas de douleurs abdominales persistantes, de jaunisse, de perte de poids inexpliquée ou de fatigue inhabituelle, il est conseillé de consulter un médecin. Les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer du pancréas peuvent également bénéficier d’un suivi spécialisé dans des centres experts.

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