Accueil Santé Secrets de longévité : comment Maria Branyas a vécu jusqu’à 117 ans

Secrets de longévité : comment Maria Branyas a vécu jusqu’à 117 ans

3
0

Vieillir en bonne santé : ce que révèle l’étude de Maria Branyas, 117 ans

Maria Branyas Morera, décédée en août 2024 à l’âge de 117 ans, n’était pas seulement la personne la plus âgée du monde. Cette Espagnole a accepté, dans ses dernières années, que des médecins examinent son corps pour comprendre pourquoi elle avait si bien résisté au vieillissement. Son cas fait aujourd’hui partie d’une des études les plus détaillées jamais menées sur un supercentenaire.

Les chercheurs de l’Institut Josep Carreras de Barcelone ont montré que, malgré des rides, une perte auditive et des douleurs articulaires, Maria Branyas restait en bonne santé. Son profil biologique se distinguait nettement de celui de personnes beaucoup plus jeunes souffrant de maladies chroniques. L’étude suggère qu’il est possible de dissocier, en partie, l’âge biologique du nombre d’années vécues avec la maladie. Cela soulève une question importante : qu’est-ce qui, dans son corps et son mode de vie, a fait la différence ?

Pourquoi l’étude de Maria Branyas fascine les médecins

Née en 1907 à San Francisco, puis arrivée en Catalogne en 1915, Maria Branyas a vécu plus de 30 ans au-delà de l’espérance de vie moyenne des femmes catalanes, estimée à 86 ans. Elle a traversé deux guerres mondiales, plusieurs pandémies, et a même survécu au Covid-19 à 113 ans, sans séquelles rapportées. Pour Manel Esteller, spécialiste en épigénétique, « la règle générale veut que plus on vieillit, plus on tombe malade. Mais elle était une exception, et nous voulions comprendre pourquoi ». Il explique que cette étude a permis, pour la première fois, de faire la distinction entre le fait de vieillir et celui d’être malade.

Son quotidien n’était pas ascétique, mais il était simple : elle ne fumait pas, ne buvait pas d’alcool, ne présentait pas de surpoids, et maintenait une vie sociale active en maison de retraite. Chaque jour, elle consommait des yaourts probiotiques et un smoothie à base de huit céréales. Ces habitudes, décrites dans l’étude publiée en 2025 dans la revue Cell Reports Medicine, correspondent à ce que l’on sait sur les facteurs protecteurs pour la santé cardiovasculaire et métabolique.

Ce que révèle le corps de Maria Branyas

L’équipe de chercheurs a réalisé une analyse « multi-omique » : étude du génome, de l’activité des gènes, des protéines sanguines, des métabolites, du microbiote intestinal et des marques épigénétiques. Le résultat : son âge biologique, estimé par des horloges épigénétiques, était entre 10 et 15 ans plus jeune que son âge réel. Les chercheurs ont aussi identifié des variantes génétiques favorisant la protection du cœur et du cerveau, un métabolisme des graisses efficace, et un faible niveau d’inflammation. Manel Esteller souligne que ces éléments sont liés aux maladies de l’âge, souvent responsables du décès.

Son microbiote était également atypique pour une personne de plus de 110 ans : très diversifié, avec des bifidobactéries bénéfiques pour la santé. Les médecins ont aussi observé des télomères, ces « capuchons » qui protègent l’ADN, étonnamment courts, ce qui pourrait avoir réduit son risque de cancer. João Pedro de Magalhães, biologiste, estime que ces cas extrêmes de longévité offrent des pistes pour comprendre comment vieillir plus dignement. En identifiant les gènes liés à une longévité exceptionnelle, il est possible de développer des stratégies pour vivre plus longtemps en meilleure santé.

Ce que chacun peut apprendre de son exemple

Il est important de noter que tout n’est pas reproductible chez Maria Branyas : sa combinaison unique de gènes, ses expériences environnementales ou encore les mutations liées à l’âge dans ses cellules sanguines restent propres à son histoire. Toutefois, son mode de vie rejoint les grandes recommandations pour préserver sa santé :

  • Maintenir un poids stable, évitant l’obésité à long terme.
  • Ne pas fumer et limiter fortement la consommation d’alcool.
  • Conserver un réseau social actif, même à un âge avancé.
  • Adopter une alimentation riche en fibres, en végétaux et en produits fermentés comme les yaourts, tout en restant prudent avec les probiotiques pour les personnes fragiles.
  • Contrôler ses facteurs de risque cardiovasculaire (cholestérol, tension, diabète) avec son médecin.

Les chercheurs précisent qu’une seule personne ne suffit pas à établir une « recette » universelle de longévité. Cependant, cette étude ouvre la voie à de futures recherches pour mieux comprendre comment réduire la période de maladies en fin de vie. Pour le grand public, le message est clair : agir le plus tôt possible sur les facteurs environnementaux et le mode de vie peut favoriser un vieillissement plus sain, même si la biologie reste un facteur clé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici