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Se coucher tard : un risque majeur pour la santé mentale et le bien-être

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Se coucher tard n’est pas simplement une habitude sans conséquence. Selon une étude de l’Université de Finlande orientale, les personnes qui ont un chronotype du soir, appelées communément « couche-tard », sont davantage sujettes à des problèmes de santé mentale. Elles récupèrent aussi moins bien de leur journée de travail que celles qui se lèvent tôt. L’étude, publiée récemment dans la revue Sleep Health, a porté sur 2 266 adultes actifs.

Les chercheurs ont mis en évidence un lien clair entre le fait d’être « du soir », la santé mentale, la qualité de récupération après le travail, et la difficulté à déconnecter de sa vie professionnelle. Même en tenant compte du manque de sommeil ou de certaines habitudes de vie, les participants qui se considéraient comme « nocturnes » rapportaient plus de symptômes anxieux et dépressifs. Ils avaient aussi plus de mal à se détendre le soir.

Qu’est-ce que le chronotype ?

Le chronotype désigne la préférence naturelle d’une personne pour se lever tôt ou tard, en lien avec son rythme circadien. Dans cette étude, un questionnaire appelé Morningness/Eveningness Questionnaire a permis de classer les participants en trois groupes : matinaux, intermédiaires, et vespéraux (du soir). Être « du soir » ne signifie pas forcément souffrir d’insomnie, mais plutôt avoir un pic d’énergie plus tard dans la journée. Cela peut poser problème si l’emploi du temps professionnel commence très tôt.

Plus de troubles psychiques chez les « couche-tard »

La cohorte, issue de la Healthy Finland Study, comprenait des adultes d’environ 44 ans, dont 57 % de femmes. Les troubles psychiques ont été évalués à l’aide de plusieurs questionnaires : le Mental Health Inventory, l’échelle GAD-7 pour l’anxiété, et le PHQ-9 pour la dépression. Les chercheurs ont aussi posé une question sur les idées suicidaires et les consultations médicales. Les analyses ont été ajustées en fonction de l’âge, du sexe, du manque de sommeil, de l’activité physique, et de la consommation d’alcool à risque.

Les personnes ayant un profil principalement « nocturne » ont rapporté plus de symptômes anxieux et dépressifs. Elles ont aussi plus souvent reçu un diagnostic de troubles psychiques et rencontrent plus de difficultés à équilibrer leur vie professionnelle et personnelle. Elles déclarent également une récupération plus lente après le travail. Les chercheurs ont montré que cette mauvaise récupération contribue en partie au lien entre le chronotype du soir et l’anxiété. Même si certains comportements de santé expliquent une partie de ces différences, l’association reste significative.

Comment améliorer la récupération après le travail pour les « couche-tard » ?

Pour ceux qui se couchent tard, la journée ne s’arrête souvent pas à la fin officielle du travail. Beaucoup de ruminations, de mails en soirée, ou d’idées qui tournent en boucle empêchent de couper psychologiquement. Cela limite le temps et la qualité des loisirs, essentiels à une bonne récupération mentale. Selon Ilona Merikanto, chercheuse principale de l’étude, « les mesures visant à promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que la récupération, peuvent être spécifiquement adaptées à ces personnes ».

Quelques conseils pratiques existent : instaurer un moment de décompression après le travail, comme une marche, une activité sportive douce, une douche ou la lecture. Fixer une heure limite pour consulter ses mails professionnels ou négocier des horaires plus flexibles avec son employeur peuvent aussi réduire la pression. Enfin, respecter une certaine régularité dans les horaires de coucher, même tardifs, aide le cerveau à anticiper le repos et favorise une meilleure récupération.

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