Les bandelettes sous-urétrales ont été conçues pour traiter l’incontinence d’effort chez l’homme et la femme. Cependant, elles sont aujourd’hui au centre d’un scandale sanitaire mondial en raison des risques importants de douleurs chroniques et de lésions irréversibles.
Une bandelette de soutènement urétral est une prothèse utilisée en cas d’incontinence urinaire d’effort, qui se manifeste par des fuites lors d’éternuements, de rires ou d’efforts physiques. Elle ne doit pas être confondue avec les dispositifs destinés à traiter le prolapsus ou la descente d’organe. La pose se fait généralement lors d’une intervention chirurgicale en ambulatoire, qui dure environ une heure, et la bandelette reste en place à vie.
C’est quoi une bandelette contre les fuites urinaires ?
Les bandelettes de soutènement urétral sont conçues pour réduire l’hypermobilité de l’urètre, souvent causée par des grossesses, des traumatismes obstétricaux ou des variations hormonales comme la ménopause. Selon le Dr Inès Dominique, urologue à Paris, elles se placent sous l’urètre, à l’intérieur du vagin, pour le soutenir et ainsi limiter les fuites lors d’efforts. La procédure consiste en une petite incision de 2 à 3 cm au niveau du vagin, permettant la pose de la bandelette, qui reste en place toute la vie.
Un scandale sanitaire en France ?
Les bandelettes sous-urétrales font l’objet d’une controverse mondiale. Chez de nombreuses patientes, leur implantation a provoqué des douleurs chroniques, des érosions de tissus et des infections à répétition, souvent difficiles à traiter. Alors que certains pays comme le Royaume-Uni ou l’Australie ont interdit ou suspendu leur utilisation, la France a renforcé leur encadrement depuis 2020. La pose n’est autorisée qu’en dernier recours et sous surveillance stricte.
Comment se déroule l’opération ?
La pose d’une bandelette est une opération courte, généralement effectuée en ambulatoire. Elle consiste en une incision de 2 à 3 cm au niveau du vagin, où la bandelette est insérée. La cicatrisation est rapide, et la plupart des patients peuvent reprendre leurs activités normales après une période de convalescence.
Y a-t-il des contre-indications ?
La bandelette n’est pas recommandée pour les personnes souffrant d’incontinence par urgenturie, qui se manifeste par une envie pressante et incontrôlable d’uriner. Elle doit également faire l’objet d’une évaluation particulière chez les patientes ayant subi plusieurs interventions gynécologiques ou vaginales, ou ayant reçu un traitement par radiothérapie pelvienne, en raison du risque accru de complications, notamment en cas de cancer du vagin.
Quels sont les effets secondaires ?
Bien que rares, les effets secondaires peuvent être graves et difficiles à gérer. Ils incluent :
- La migration de la bandelette dans l’urètre ou le vagin, nécessitant une opération pour la retirer.
- Des douleurs chroniques, notamment si la bandelette est fixée sur les muscles des cuisses, pouvant nécessiter une réintervention.
- Une dysurie, ou difficulté à uriner et à vider la vessie, si la bandelette est trop efficace ou mal positionnée.
La bandelette est-elle efficace chez la femme ?
Oui, l’efficacité est supérieure à 80 % pour traiter l’incontinence d’effort chez la femme. La bandelette agit comme un « hamac » sous l’urètre, soutenant la zone affaiblie. Cependant, elle n’est efficace que pour l’incontinence liée à l’effort :
- Elle ne fonctionne pas contre l’incontinence par urgenturie, qui est une envie pressante incontrôlable, et peut même l’aggraver.
- Son indication doit être soigneusement évaluée, étant donné les risques de complications graves. La pose ne sera envisagée qu’après l’échec d’une rééducation périnéale et après une information complète sur les risques.
Et chez l’homme ?
Chez l’homme, la bandelette peut être utilisée pour traiter l’incontinence légère à modérée, notamment après une chirurgie de la prostate. Son efficacité varie entre 60 et 80 %, selon la sélection du patient.
Elle est généralement inefficace dans les cas d’incontinence sévère ou si le sphincter urétral est fortement endommagé ou irradié. En cas d’incontinence plus importante, le sphincter artificiel reste la solution la plus efficace.
Comme chez la femme, elle ne traite pas l’urgenturie et nécessite une évaluation médicale préalable.
Quelle récupération après l’opération ?
La cicatrisation complète dure environ un mois. Pendant cette période, il est conseillé d’éviter tout effort ou déplacement important. Le sport, les rapports sexuels et le port de charges lourdes sont déconseillés. La reprise du travail est possible si aucune activité physique intense n’est requise.
Faut-il un arrêt de travail ?
Un arrêt de travail est systématiquement prescrit. La durée dépend de la nature de l’emploi :
► Travail sédentaire (bureau, télétravail) : 10 à 14 jours
► Travail physique modéré (station debout prolongée, déplacements) : 14 à 21 jours
► Travail lourd (manutention, charges lourdes) : 28 jours
Ce délai permet la cicatrisation et évite tout déplacement de la prothèse.






