Une nouvelle approche pour prévenir le cancer de la bouche
En France, en 2018, on estimait à 4 677 le nombre de nouveaux cas de cancer de la cavité buccale, dont 3 106 chez les hommes et 1 571 chez les femmes. La survie à cinq ans reste faible, dépassant rarement 50 %.
Les principaux facteurs de risque sont la consommation de tabac et d’alcool. D’autres éléments, comme le HPV (Human Papillomavirus), peuvent également favoriser le développement de ces cancers.
Ces cancers touchent souvent des jeunes adultes. Lorsque la maladie est avancée, les traitements classiques (chirurgie, radiothérapie, immunothérapie) n’apportent pas toujours une amélioration significative de la qualité de vie ou des chances de survie.
Un chewing-gum expérimental pour combattre le HPV
Des chercheurs américains explorent une solution innovante : un chewing-gum capable de prévenir le cancer buccal en piégeant directement les microbes impliqués. Actuellement, une équipe de l’université de Pennsylvanie, dirigée par Henry Daniell, travaille sur ce projet.
Ce chewing-gum bio‑ingéniéré contient une protéine antivirale, appelée FRIL, produite à partir d’un haricot appelé Lablab purpureus. Selon une étude publiée dans la revue Scientific Reports, cette gomme a permis de réduire de 93 % la présence de HPV dans la salive, et de 80 % dans des bains de bouche tests effectués sur des patients atteints de cancers ORL.
Comment fonctionne ce chewing-gum ?
La FRIL est une lectine qui se fixe sur la surface des virus comme le HPV, les agglutine, puis est éliminée en crachant ou en rinçant la bouche. Cela diminue la quantité de virus en contact avec les muqueuses buccales. Les chercheurs ont également développé une version enrichie en protégrine-1, un peptide antimicrobien.
Lors de tests réalisés sur la salive de 42 patients, cette combinaison a permis de réduire de plus de 99 % deux bactéries associées à des formes agressives de cancer ORL : Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum. Ces bactéries ont été ciblées sans affecter les bactéries bénéfiques du microbiote buccal.
Perspectives et limites du projet
Les résultats encouragent le développement d’essais cliniques. Actuellement, le chewing-gum reste au stade expérimental, testé en laboratoire uniquement sur de la salive. Il n’a pas encore été utilisé chez des patients.
Henry Daniell souligne que ces thérapies pourraient compléter les traitements existants ou servir de prévention contre l’infection et la transmission du HPV. La production végétale à faible coût constitue un avantage supplémentaire.
Signes précoces et prévention des cancers ORL
Les cancers ORL se manifestent parfois par des taches rouges ou blanches dans la bouche, une douleur persistante, ou des difficultés à mâcher, avaler ou parler. Un gonflement ou une bosse dans le cou ou la mâchoire peut aussi apparaître.
Une détection précoce est essentielle pour améliorer les chances de succès du traitement.
Pour réduire le risque de développer ces cancers, il est conseillé de limiter sa consommation d’alcool et de tabac. Selon le Centre de lutte contre le cancer Léon Bernard, 75 % des personnes atteintes d’un cancer de la cavité orale consomment de l’alcool.
L’alcool augmente la perméabilité de la muqueuse buccale, facilite l’action des substances cancérigènes du tabac, et cause des dommages à l’ADN par la production de radicaux libres et d’acétaldéhyde. La combinaison de tabac et d’alcool multiplie par 15 le risque de développer un cancer des voies aérodigestives.






