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Mémoire : la taille du cerveau ne compte pas, la qualité des connexions oui

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La mémoire n’a rien à voir avec la taille du cerveau

Contrairement à une idée répandue, la performance mnésique ne dépend pas de la taille du cerveau. La neurologue Catherine Thomas-Antérion explique que « la richesse du réseau neuronal prime sur la masse ». En d’autres termes, c’est la qualité des connexions entre les neurones qui influence la mémoire, et non leur volume.

Le curcuma ou les fruits rouges n’ont pas d’effet miraculeux sur la mémoire

Une croyance tenace veut que certains aliments, comme le curcuma ou les fruits rouges, améliorent directement la mémoire. Cependant, selon la spécialiste, « aucune étude scientifique n’a établi de lien direct » entre leur consommation et une meilleure mémorisation. Leur bénéfice reste principalement nutritionnel.

La mémoire ne restitue pas les événements à l’identique, elle les reconstruit à partir d’indices

Avec l’âge, on pourrait craindre que les souvenirs négatifs prennent le dessus. En réalité, le cerveau tend à atténuer les expériences désagréables pour privilégier le positif, sauf en cas d’événements très marquants.

Par ailleurs, deux personnes ayant vécu la même situation peuvent en garder des souvenirs différents. Catherine Thomas-Antérion précise que « la mémoire ne restitue pas les événements à l’identique, elle les reconstruit à partir d’indices. À chaque rappel, ces indices s’associent à de nouvelles traces, ce qui peut entraîner des glissements ou des confusions, notamment entre des événements similaires survenus à des périodes différentes ».

Elle ajoute que « à force de répétition, un souvenir peut même se transformer en un récit cristallisé, comme ceux des histoires familiales transmises de génération en génération ».

Une capacité illimitée, mais pas sans nuances

La mémoire est souvent comparée à une bibliothèque infinie. Toutefois, si la mémoire à court terme est limitée, celle à long terme ne sature pas. Le cerveau peut continuer à créer de nouvelles connexions sans limite apparente.

Le phénomène de black-out, souvent minimisé, peut avoir des conséquences graves. Il s’agit d’une « amnésie transitoire » liée à l’alcool, qui entraîne l’absence de souvenirs. Catherine Thomas-Antérion souligne que « les conséquences sont triples : absence totale de souvenir de l’épisode, risque élevé d’accident ou d’agression pendant cette période, et une fragilisation durable de l’encodage mémoriel dans les heures ou jours qui suivent, pouvant entraîner un décrochage scolaire ou professionnel ».

Enfin, les oublis du quotidien, comme chercher un prénom ou égarer ses clés, ne sont pas forcément le signe d’un trouble de la mémoire. Ces oublis sont souvent liés à un déficit d’attention, qui résulte de fatigue, de stress ou d’un manque de sommeil. Ces facteurs altèrent d’abord la concentration, puis perturbent l’encodage et la récupération des souvenirs.

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