Accueil Santé Médias : comment leur déferlement d’images détruit votre sommeil et votre sérénité

Médias : comment leur déferlement d’images détruit votre sommeil et votre sérénité

5
0

Les médias et leur impact sur notre stress et notre sommeil

Les conflits armés, les catastrophes naturelles et les crises politiques occupent une place importante dans l’actualité. En France, par exemple, trois jours après des manifestations le samedi 17 octobre 2026, les images de ces événements circulent en boucle sur les réseaux sociaux.

Se tenir informé permet de mieux comprendre le monde. Cependant, cette exposition répétée à des images traumatisantes peut avoir des effets négatifs sur notre santé mentale. Selon un article de National Geographic, la journaliste Julia Ries Wexler revient sur les études de chercheurs qui ont analysé l’impact psychologique de cette consommation intensive d’informations.

Les images violentes déclenchent notre réaction au stress

Notre cerveau est conçu pour repérer rapidement les menaces. Comme l’explique E. Alison Holman, psychologue à l’université de Californie à Irvine, cette vigilance était essentielle à la survie face aux prédateurs. Aujourd’hui, face à des images ou des titres alarmants, notre cerveau peut réagir de la même manière, même si le danger n’est pas immédiat.

Lorsqu’une menace est perçue, notre corps active la réaction de « combat ou fuite » en libérant des hormones comme le cortisol et l’adrénaline. Normalement, cette activation diminue lorsque le danger disparaît. Mais si nous sommes exposés à des informations anxiogènes de façon continue, ce mécanisme reste en marche, ce qui peut perturber notre équilibre psychologique.

À long terme, cette situation peut gêner la gestion du stress et affecter notre quotidien. La professeure Sara Jo Nixon, spécialiste en psychiatrie et psychologie, indique que certaines personnes ressentent alors plus de fatigue, d’anxiété ou de désespoir, tout en perdant de l’intérêt pour leurs activités habituelles.

Un cercle vicieux qui perturbe le sommeil

Des études menées notamment par Roxane Cohen Silver et E. Alison Holman ont montré que les personnes qui consomment plus de six heures de médias par jour après un événement traumatisant, comme l’attentat du marathon de Boston en 2013, ont davantage de troubles psychologiques. Elles rapportent notamment des difficultés à dormir, des rêves perturbants et des souvenirs intrusifs.

Cette exposition répétée peut créer une boucle de rumination. Chaque nouvelle image ravive le souvenir de l’événement traumatisant et réactive les émotions associées. Le cerveau a alors du mal à prendre du recul.

Consulter des images choquantes avant de dormir peut prolonger l’état d’alerte, empêchant ainsi le corps de se détendre et de s’endormir normalement.

Comment s’informer sans se laisser submerger

Le phénomène du « doomscrolling » consiste à faire défiler compulsivement des contenus souvent négatifs. Cette habitude alimente la spirale de l’anxiété : une mauvaise nouvelle en entraîne une autre, renforçant le stress. Les personnes très anxieuses ou qui s’identifient aux victimes sont particulièrement vulnérables à ce mécanisme.

Pour limiter ces effets, il est conseillé de fixer des limites à sa consommation d’informations. E. Alison Holman recommande de réserver un ou deux moments dans la journée pour consulter l’actualité, plutôt que de vérifier constamment son téléphone.

Il est aussi essentiel d’être à l’écoute de ses signaux physiques, comme l’accélération du rythme cardiaque, la tension dans les épaules ou une sensation de nervosité. Lorsqu’on ressent ces signes, il vaut mieux interrompre sa lecture et pratiquer quelques respirations profondes pour se calmer.

Enfin, il n’est pas nécessaire de regarder toutes les images disponibles pour rester informé. Roxane Cohen Silver explique qu’elle évite délibérément les contenus explicites ou qu’elle masque certaines photographies lorsqu’elle lit un article. Cette précaution permet de s’informer sans s’exposer aux images les plus éprouvantes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici