Les bienfaits de la sieste
Faire une sieste peut aider à améliorer la vigilance, la concentration et retrouver de l’énergie. Selon Santé publique France, une courte sieste de 15 à 20 minutes permet d’améliorer le temps de réaction et la qualité de l’éveil après le repos. Des études ont également montré que la sieste a des effets positifs sur la mémoire et l’humeur.
Un lien entre siestes fréquentes et risque de démence
Une étude américaine récente, menée sur dix ans par des chercheurs de l’École de santé publique Johns Hopkins, met en évidence un lien entre la fréquence des siestes et un risque accru de démence.
Un risque accru de 48 %
Les chercheurs ont suivi 995 personnes de 65 ans et plus, qui ne présentaient pas de démence au début de l’étude. Leur sommeil a été analysé, puis leur état cognitif a été surveillé durant 10 ans, jusqu’en 2023. Résultat : ceux qui faisaient fréquemment la sieste (quasi tous les jours) avaient un risque de développer une démence supérieur de 48 % par rapport à ceux qui ne faisaient presque jamais de sieste.
Les détails de l’étude
Les chercheurs ont aussi étudié la manière dont les siestes étaient faites et leur durée. Ils ont constaté que les personnes qui s’endormaient involontairement durant la journée avaient un risque de démence supérieur de 39 %. En revanche, il n’y a pas eu d’effet significatif pour ceux qui faisaient des siestes occasionnelles.
Durée de la sieste : un facteur important
La durée du repos joue également un rôle. Les personnes qui faisaient des siestes de 30 minutes ou moins présentaient un risque de démence supérieur de 40 %. Pour celles qui faisaient des siestes plus longues, le lien devenait moins évident après avoir pris en compte d’autres aspects du sommeil. Ces résultats peuvent surprendre, car on pourrait penser qu’une sieste courte est toujours meilleure. Les chercheurs expliquent que des siestes longues ou répétées pourraient aussi indiquer un besoin inhabituel de sommeil chez certaines personnes âgées.
Ce que disent les experts
Les spécialistes soulignent que le cerveau régule l’éveil, le sommeil et notre horloge biologique. Quand ces mécanismes sont perturbés, une personne peut avoir du mal à rester éveillée durant la journée, même après plusieurs heures de sommeil la nuit. Le professeur Adam Spira, principal auteur de l’étude, précise que des siestes fréquentes pourraient être un signe de changements cérébraux plutôt qu’une cause directe de démence.
Faut-il arrêter la sieste après 65 ans ?
Les résultats de cette étude ne recommandent pas d’abandonner la sieste, surtout si elle permet de se sentir reposé et de profiter de la journée. Il est surtout important de surveiller tout changement inhabituel dans ses habitudes de sommeil. Une personne qui a toujours fait une petite sieste après le déjeuner n’est pas dans la même situation qu’une qui commence soudainement à somnoler plusieurs fois par jour sans le vouloir.
Si vous ressentez un besoin de sommeil inhabituel, si vous vous endormez souvent devant la télévision ou lors d’une conversation, ou si votre fatigue diurne s’accompagne de troubles de la mémoire ou de la concentration, il est conseillé de consulter un médecin. Plusieurs causes, comme un sommeil nocturne insuffisant, certains médicaments ou des troubles du sommeil, peuvent expliquer une somnolence excessive.
Source : Napping characteristics and incident dementia: results from the National Health and Aging Trends Study, The Journal of gerontology, octobre 2026






