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Le mode de vie, clé pour un microbiote sain

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Le microbiote intestinal se construit principalement par notre mode de vie, selon une experte

Maria Dolores de la Puerta, médecin et spécialiste du microbiote intestinal depuis plus de vingt ans, insiste sur un point essentiel. Lors d’un épisode du podcast d’Endor Technologies en 2025, elle a déclaré que le microbiote ne se maintient pas uniquement grâce à des probiotiques. Selon elle, c’est notre mode de vie dans son ensemble qui façonne cet écosystème. Autrement dit, ce ne sont pas seulement les gélules que nous prenons qui influencent notre microbiote, mais aussi ce que nous mangeons, comment nous bougeons, dormons et gérons notre quotidien.

Autrice de livres comme Un intestino feliz et La microbiota estresada, elle rappelle que l’intestin est un véritable écosystème vivant. Il est en lien direct avec notre système immunitaire et notre état émotionnel. Se contenter de prendre un complément sans changer ses habitudes revient à réparer une maison fissurée en ne changeant qu’une seule fenêtre : cela peut apporter quelques bénéfices à court terme, mais le déséquilibre profond perdure et finit par se faire sentir.

Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?

Maria Dolores de la Puerta donne une définition simple : « Le microbiote, c’est l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans notre corps. » Elle explique que tout notre organisme, à l’intérieur comme à l’extérieur, est colonisé par des microbes : bactéries, virus, champignons, archées, protozoaires et parasites. Ces organismes vivent en équilibre entre eux et avec nous. La flore intestinale est la plus dense et la plus influente pour notre santé globale.

Ce qui est important, précise-t-elle, ce n’est pas d’avoir une bactérie « star » dans son microbiote, mais de préserver un équilibre global, que les chercheurs appellent l’homéostasie intestinale. « Au-delà de telles ou telles bactéries, l’essentiel est l’homéostasie intestinale », insiste la spécialiste. Lorsqu’elle est rompue, le déséquilibre du microbiote peut affecter la digestion, les défenses immunitaires et même notre humeur.

Les probiotiques : un simple coup de pouce, pas une solution miracle

Selon Maria Dolores de la Puerta, croire que prendre des probiotiques suffit à tout résoudre est une erreur. Elle reconnaît que certaines souches bactériennes peuvent être utiles dans des situations précises, mais souligne qu’elles ne peuvent pas compenser un mode de vie déséquilibré. Un mode de vie pauvre en fibres, sédentaire et soumis au stress ne permet pas aux bactéries d’installer durablement dans l’intestin. Sans terrain favorable, leur effet reste limité.

Elle a constaté en consultation que cette obsession pour les probiotiques détourne parfois les patients de l’essentiel : revoir leur alimentation, leurs habitudes de sommeil ou leur gestion du stress. Sa vision rejoint celle de nombreux instituts de recherche, comme l’INRAE ou l’Inserm, qui considèrent le microbiote comme un écosystème vivant, façonné par nos choix quotidiens plutôt que par un produit isolé.

Les 4 piliers pour un microbiote intestinal sain

La spécialiste propose un cadre simple pour prendre soin de son microbiote : il s’appuie sur quatre piliers. Ces leviers agissent ensemble pour favoriser la diversité microbienne et la stabilité de l’écosystème intestinal :

  • Alimentation : privilégier une alimentation variée riche en végétaux, fibres (légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes) et limiter les aliments ultra-transformés. Ces habitudes nourrissent les bonnes bactéries et évitent le déséquilibre.
  • Activité physique : bouger régulièrement, même modérément, aide le transit, le métabolisme et la richesse du microbiote.
  • Sommeil et rythmes circadiens : adopter des horaires de coucher réguliers, s’exposer à la lumière le matin et limiter l’usage des écrans le soir favorisent un rythme naturel pour les bactéries, en synchronisation avec notre organisme.
  • Gestion du stress : le stress chronique peut fragiliser la barrière intestinale et modifier la composition microbienne. La spécialiste encourage des techniques telles que la respiration, les pauses ou la thérapie pour mieux le gérer.

En résumé, selon Maria Dolores de la Puerta, prendre soin de son microbiote revient à entretenir un environnement intérieur stable, varié et peu stressant. Cet écosystème, vivant avec nous depuis des millions d’années, s’adapte à nos choix quotidiens plutôt qu’à un simple complément alimentaire.

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