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Fibromyalgie : la vérité sur cette maladie méconnue enfin dévoilée

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Une maladie encore souvent considérée comme psychologique

Les personnes atteintes de fibromyalgie souffrent de douleurs diffuses, de fatigue intense et de troubles du sommeil. Pourtant, il arrive que certains professionnels leur disent que leur mal est « dans leur tête ». Pour répondre à cette idée, le neurologue Chema González de Echávarri a publié une vidéo autour du 12 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie. Il y explique ce que la science observe dans le cerveau et le système nerveux des patients, loin de l’idée d’un trouble uniquement psychologique.

Selon lui, la douleur ressentie par ces patients a une origine corporelle, même si les examens médicaux comme les radios ou les analyses de sang ne montrent aucune anomalie. Il évoque des modifications du système nerveux central, de la chimie du cerveau, des hormones du stress et de l’immunité. « Il y a une altération dans le traitement central de la douleur, et ce n’est pas seulement quelque chose de purement psychologique ni que les gens s’inventent », insiste-t-il. Pourtant, cette réalité biologique a encore du mal à être reconnue, y compris par certains professionnels de santé.

Pourquoi la fibromyalgie est encore perçue comme une maladie psychologique

Les examens d’imagerie, les analyses sanguines ou l’électromyogramme ne révèlent souvent aucune anomalie chez les personnes atteintes. La Sécurité sociale précise qu’il n’existe pas de biomarqueur unique pour diagnostiquer la fibromyalgie. Le diagnostic repose sur un ensemble de symptômes : douleurs diffuses depuis plus de trois mois, troubles du sommeil, fatigue, hypersensibilité, et l’exclusion d’autres maladies. Cette apparente normalité des examens alimente parfois le doute, et certains pensent que la maladie est imaginée.

En 2025, la Haute Autorité de Santé décrit la fibromyalgie comme une douleur nociplastique. Cela signifie que le problème ne vient pas d’une lésion tissulaire ou d’une inflammation majeure, mais d’un traitement anormal de la douleur par le système nerveux. Les signaux de douleur sont amplifiés alors que leur origine est souvent banale. Pour des proches ou des soignants peu informés, cela peut donner l’impression que la souffrance est psychologique, voire inventée, car rien ne se voit sur les examens.

Ce que la neurologie observe : une douleur bien réelle

Le neurologue rappelle que chez ces patients, des études montrent une sensibilisation centrale. Cela signifie que, face à des stimulations faibles, le cerveau réagit de manière excessive. Certaines zones du système nerveux central s’activent davantage, tandis que les mécanismes inhibiteurs de la douleur fonctionnent moins bien. Sur le plan chimique, des modifications ont été observées dans la sécrétion de glutamate, de substance P, de dopamine, de sérotonine et de noradrénaline.

Les travaux, confirmés par un rapport de l’Inserm et par les recommandations de la Haute Autorité de Santé, proposent plusieurs pistes biologiques pour expliquer la fibromyalgie :

  • des variations génétiques et épigénétiques liées à la douleur ;
  • un dysfonctionnement de l’axe hormonal du stress, avec une réponse anormale du cortisol ;
  • des taux élevés de cytokines pro-inflammatoires et de protéines neuronales comme les neurofilaments ;
  • des anomalies du système nerveux autonome, responsable du rythme cardiaque, du sommeil, avec des symptômes comme tachycardie, sueurs, fatigue extrême et « brouillard mental ».

Pour le neurologue, la fibromyalgie est une entité neurobiologique très complexe. Il affirme qu’il reste encore beaucoup à découvrir dans cette maladie.

« Psychologique » ne signifie pas « inventé »

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé prônent une approche bio-psycho-sociale. Comme pour toute douleur chronique, le stress, l’anxiété, un traumatisme ou une dépression peuvent amplifier ou entretenir la douleur. Cela ne veut pas dire que la douleur est inventée. Lorsqu’un professionnel évoque une composante psychologique, il parle des interactions entre émotions et circuits de la douleur. Cependant, beaucoup de patients perçoivent cela comme une minimisation de leur souffrance, en pensant que l’on leur dit « vous exagérez ». Pourtant, les études montrent bien que des modifications du cerveau, des hormones du stress et de l’immunité existent réellement dans leur corps.

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