De nombreux symptômes courants chez les femmes de plus de 50 ans, tels que la fatigue persistante, l’essoufflement à la moindre effort ou encore le brouillard cérébral, sont souvent attribués à la ménopause. Cependant, ces signes peuvent aussi révéler une carence en fer.
Si cette carence est fréquemment considérée comme bénigne, notamment chez les femmes ayant eu des règles abondantes, une nouvelle étude souligne qu’elle ne doit pas être ignorée. En effet, un déficit en fer pourrait favoriser le développement d’une maladie neurologique très redoutée avec l’âge.
Les résultats d’une étude suédoise
Une recherche menée par l’Institut Karolinska et l’Université de Stockholm, en Suède, a porté sur 2282 adultes âgés de 60 à 80 ans. Les chercheurs ont étudié le lien entre anémie ferriprive et démence. Les résultats montrent que les personnes souffrant d’anémie avaient 66 % de risque supplémentaire de développer une maladie d’Alzheimer comparé à celles dont le taux d’hémoglobine était normal.
Les marqueurs de la maladie d’Alzheimer
Au début de l’étude, tous les participants étaient considérés comme cognitivement sains. Les chercheurs ont suivi leur évolution pendant plusieurs années, mesurant leur taux d’hémoglobine et analysant leur sang pour détecter quatre marqueurs liés à la maladie d’Alzheimer : la protéine tau217 phosphorylée, la protéine GFAP, la protéine NfL et la bêta-amyloïde.
Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’anémie était définie par un taux d’hémoglobine inférieur ou égal à 120 g/L chez la femme et 130 g/L chez l’homme. Dès le début de l’étude, une relation a été observée entre l’anémie et des niveaux plus élevés de ces biomarqueurs sanguins de la maladie d’Alzheimer.
Une attention particulière à l’anémie chez les personnes âgées
Les chercheurs expliquent que, pendant les 16 années de suivi, les participants présentant à la fois une anémie et des taux élevés de biomarqueurs comme la p-tau217, la NfL ou la GFAP avaient le risque de démence le plus élevé. Cela suggère une interaction possible entre l’anémie et la neuropathologie dans le développement de la maladie.
Ils soulignent également que ces résultats peuvent avoir plusieurs interprétations. La plus probable est que, lorsqu’un individu a un taux d’hémoglobine faible, son cerveau reçoit moins d’oxygène. Cette hypoxie chronique, même sans symptômes visibles, pourrait endommager les neurones à long terme et réduire le seuil à partir duquel la neuropathologie se manifeste sous forme de démence.
Les chercheurs concluent que l’anémie chez les personnes âgées nécessite probablement une attention médicale plus soutenue qu’elle ne reçoit actuellement.
Source : Anemia and Blood Biomarkers of Alzheimer Disease in Dementia Development, Jama Neurology, avril 2026






