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Dry January : et si une semaine sans alcool suffisait pour transformer votre vie

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Chaque début d’année, de nombreux Français tentent de relever le défi du Dry January, un mois sans alcool après les fêtes. Beaucoup pensent qu’il faut tenir trente jours sans boire pour en tirer des bénéfices. Certains abandonnent dès qu’ils craquent après une semaine. La question qui revient souvent est : est-ce qu’une période plus courte sans alcool peut quand même avoir un impact positif ?

À l’hôpital Paul Brousse de Villejuif, la psychiatre et addictologue Sarah Coscas accompagne quotidiennement des personnes qui souhaitent tester leur relation à l’alcool. Elle explique ce que peut apporter une pause plus ou moins longue dans leur consommation, tant au niveau du corps que de l’esprit.

Un défi collectif qui modifie les habitudes

Le Dry January a été lancé au Royaume-Uni en 2013 par l’association Alcohol Change UK. Depuis, cette initiative s’est répandue en France. L’an dernier, environ 4,5 millions de Français y ont participé, et 57 % d’entre eux ont réussi à tenir le mois entier, selon Sarah Coscas.

Pour la médecin, ce mois sans alcool s’adresse surtout à ceux qui boivent « normalement ». « Ce n’est pas destiné à ceux qui sont dépendants ou malades de l’alcool », précise-t-elle. Il vise plutôt à permettre à chacun de faire le point sur sa consommation. « C’est l’occasion de se poser des questions : Est-ce que je ne bois pas trop, ou trop souvent ? »

Les bénéfices d’arrêter l’alcool quelques jours

Il n’est pas nécessaire d’arriver à un mois parfait pour constater des effets positifs. « Trente jours, c’est déjà beaucoup pour modifier ses habitudes », explique Sarah Coscas. Les habitudes de consommation sont souvent rythmées par la semaine, ce qui fait que cette durée est représentative de notre mode de vie.

Dès les premiers jours, elle constate une amélioration de l’énergie, un sommeil plus réparateur, avec des phases de rêves ou cauchemars. Ces changements sont considérés comme positifs, car ils favorisent un repos de meilleure qualité.

Après une à deux semaines sans alcool, des progrès en mémoire, en concentration, ainsi qu’une légère perte de poids sont souvent observés. Des études montrent qu’un mois sans boire peut aussi entraîner une réduction de la consommation sur le long terme. Les participants ressentent rapidement des changements concrets dans leur quotidien.

Un Dry January utile même s’il n’est pas parfait

Sarah Coscas insiste sur le fait que même une abstinence partielle peut être bénéfique. Pour les personnes ayant des problèmes d’addiction, cette période sans alcool peut aussi avoir un intérêt important. Cela leur permet de se libérer de la culpabilité et de constater qu’il est possible de vivre sans boire, même temporairement.

Elle souligne que l’aspect collectif de cette démarche est un facteur de réussite. « C’est cela qui fonctionne très bien », dit-elle, car la campagne est « motivante, positive et non stigmatisante ». Le fait de faire cette démarche avec d’autres donne un sentiment de solidarité et facilite la motivation.

Enfin, le Dry January est aussi une opportunité d’observer si l’on est obligé de boire à chaque occasion. C’est une façon de faire une « détox » et de réfléchir à des alternatives pour sortir des habitudes de consommation liées à la société ou aux événements sociaux.

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