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Démence : La vitamine D pourrait-elle protéger votre cerveau

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La démence est une maladie qui inquiète de plus en plus de familles. En Allemagne, environ 1,8 million de personnes vivent déjà avec ce diagnostic, et le nombre continue de croître. Face à l’absence de traitement curatif, la recherche se tourne vers des mesures de prévention, notamment la vitamine D. Le neurologue Peter Berlit, secrétaire général de la Deutsche Gesellschaft für Neurologie (DGN), rappelle que cette vitamine agit aussi dans le cerveau. Cela soulève une question concrète : faut-il faire un dosage de la vitamine D pour préserver sa mémoire ?

En pratique, cette démarche n’est pas systématique. En France, les autorités sanitaires recommandent le dépistage uniquement dans certains cas précis. Elles reconnaissent aussi que le mode de vie joue un rôle important dans le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Lorsqu’une personne commence à oublier, il est tentant de demander une prise de sang « au cas où ». Cependant, il faut faire la distinction entre une prudence utile et un examen sans réel intérêt dans tous les cas.

Vitamine D, cerveau et démence : ce que disent les études

La vitamine D, qui est liposoluble, a plusieurs fonctions dans l’organisme. Elle régule le métabolisme du calcium, soutient les muscles et l’équilibre, et participe au bon fonctionnement du système immunitaire. Elle intervient aussi dans le système nerveux central : « La vitamine D participe à la production de messagers chimiques comme la dopamine et la sérotonine », explique Peter Berlit. Ces neurotransmetteurs influencent l’humeur, la motivation et certaines formes de mémoire. Cela laisse penser qu’un déficit prolongé pourrait contribuer à un déclin cognitif.

Plusieurs études ont exploré cette hypothèse. Une méta-analyse publiée en 2025 dans la revue Frontiers in Neurology a montré que le risque de démence était environ 49 % plus élevé chez les personnes ayant un faible taux de vitamine D, comparé à celles dont la vitamine D était suffisante. En 2014, une étude parue dans la revue Neurology a observé que le risque de développer la maladie d’Alzheimer doublait en cas de déficit sévère en 25-hydroxyvitamine D. Cependant, la société européenne ESPEN rappelle qu’aucun essai n’a prouvé qu’une supplémentation en vitamine D seule pouvait prévenir la maladie ou améliorer la cognition chez des personnes déjà atteintes.

Quand faire doser la vitamine D ?

Le test principal pour mesurer la vitamine D dans le sang concerne la 25-hydroxyvitamine D, aussi appelée 25(OH)D. En France, l’Assurance Maladie ne rembourse ce test que dans six situations précises :

  • Suspicion de rachitisme ou d’ostéomalacie.
  • Suivi après une transplantation rénale, au-delà de trois mois.
  • Avant et après une chirurgie bariatrique.
  • Chutes répétées chez les personnes âgées.
  • Surveillance d’un traitement nécessitant un dosage préalable.
  • Autres troubles osseux spécifiques, évalués par un spécialiste.

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), réaliser un dosage en dehors de ces cas n’a pas d’utilité dans la routine, même chez les adultes de plus de 50 ans en bonne santé. Lorsqu’une personne présente des troubles de la mémoire, il est essentiel d’abord d’effectuer une évaluation neurologique : tests cognitifs, recherche de causes métaboliques ou cardiovasculaires. Un dosage de vitamine D peut être envisagé si la personne a aussi des chutes fréquentes, une maladie rénale chronique, une malabsorption digestive, un antécédent de transplantation rénale ou de chirurgie bariatrique, ou un amaigrissement important. Cependant, il ne remplace jamais une exploration complète des troubles cognitifs.

Après le dosage : comment corriger un déficit sans risque de surdosage

Lorsque le taux de 25(OH)D est faible, le médecin propose généralement une supplémentation en vitamine D3 (cholécalciférol). La dose est adaptée à l’âge, au poids et aux éventuelles maladies. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France recommande de contrôler le taux environ six mois après le début du traitement, pour s’assurer d’une correction efficace sans excès. L’objectif est de revenir dans une zone de suffisance, sans chercher des valeurs très élevées, parfois présentées comme « neuro-protectrices ».

Une auto-supplémentation à fortes doses peut entraîner une hypercalcémie, une complication pouvant provoquer fatigue intense, troubles digestifs et problèmes cardiaques. Une étude observationnelle menée en 2026 à l’université Emory, sur 54 adultes à risque de démence recevant au moins 5 000 UI par jour, a montré une légère amélioration du score cognitif MoCA, mais sans preuve d’un effet causal. En réalité, la prévention du déclin cognitif repose surtout sur un ensemble de mesures : activité physique régulière, alimentation équilibrée, contrôle des facteurs vasculaires et correction raisonnée des carences, notamment en vitamine D si elle est documentée.

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