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Contraceptifs à base de désogestrel : un risque de tumeur cérébrale inquiète les femmes

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Une récente communication de l’agence du médicament a annoncé l’envoi d’un courrier aux femmes ayant utilisé un contraceptif à base de désogestrel. L’objectif est de les informer d’un risque « faible » mais accru de développer un méningiome, une tumeur bénigne du cerveau.

Le ressenti des femmes face à l’information

Mathilde, 28 ans, témoigne de son choc : « Honnêtement, j’ai eu une montée d’angoisse, les larmes aux yeux, je me suis sentie complètement démunie ». Elle fait partie des 1,6 million de femmes qui recevront cette lettre. Elle explique : « Évidemment, on nous dit que le risque est faible, qu’on n’est pas si nombreuses à être concernées et ensuite je vois ‘risque accru’ après cinq ans… Moi, ça fait onze ans que je prends la pilule Elfasette ».

Une étude précise que parmi les femmes ayant pris du désogestrel, une sur 67 000 développe un méningiome. Ce risque augmente à une sur 17 000 après cinq années de traitement, et il est doublé après sept ans. Le risque diminue un an après l’arrêt du contraceptif.

Contraception et pathologies spécifiques

Mathilde a débuté la pilule à 17 ans pour soulager ses règles très douloureuses. Cependant, elle souffre aussi de migraines avec aura, ce qui la contraindrait normalement à éviter les contraceptifs hormonaux contenant des œstrogènes, en raison du risque accru d’AVC. Son médecin lui a prescrit Elfasette, à base de désogestrel, mais cette nouvelle information sur le méningiome l’a profondément inquiète.

De son côté, Élodie, qui prend depuis plusieurs années la pilule Optimizette, a été diagnostiquée avec une endométriose à 30 ans. Elle raconte que cette contraception lui a permis de mieux vivre avec la maladie, malgré des effets secondaires. La réception du courrier lui a aussi fait peur, car elle souffre souvent de maux de tête.

Cette patiente souligne que, bien que ses risques aient été évoqués par sa sage-femme, l’annonce officielle l’a inquiétée, surtout en raison de ses maux de tête fréquents.

Changer de méthode ou non ?

Face à cette situation, certaines femmes se demandent s’il faut changer de contraception. Lila, 33 ans, raconte avoir déjà tenté d’autres solutions. Elle évoque la difficulté de trouver une méthode efficace sans hormones ou avec un risque minimal. Elle hésite entre un stérilet en cuivre, qui ne contient pas d’hormones, ou l’utilisation de préservatifs, qu’elle perçoit comme moins efficaces. Elle souligne aussi qu’une bonne observance est essentielle pour garantir l’efficacité de ces méthodes.

Les professionnels de santé rappellent que le risque de méningiome reste extrêmement faible. Caroline Brochet, sage-femme, insiste sur la nécessité de peser les bénéfices et les risques. Philippe Deruelle, gynécologue, précise qu’il ne faut pas s’alarmer inutilement, tout en soulignant l’importance d’éviter une grossesse non désirée en cas d’arrêt de contraception.

Une communication brutale, mais nécessaire

Juste après l’annonce du courrier, Élodie avait rendez-vous avec sa sage-femme. Elle explique que cette dernière lui a laissé le choix, tout en lui rappelant que ses options sont limitées en raison de son endométriose. « Elle m’a dit que c’était comme je voulais, mais si je change je recommence à zéro, alors j’hésite. Il n’y a pas de médicament miracle contre cette maladie, je n’ai que la pilule pour m’aider ».

Mathilde se sent également piégée. Elle ne peut pas utiliser d’autres contraceptifs hormonaux à cause de ses migraines, et le stérilet en cuivre pourrait aggraver ses douleurs. Elle doit aussi suivre un traitement contre les migraines, ce qui rend la grossesse impossible pour le moment. Une IRM lui a été prescrite pour vérifier l’absence de méningiome.

Une « hormonophobie » croissante chez les patientes

De son côté, Lila s’interroge sur la suite à donner à sa contraception. Elle confie que choisir une méthode est difficile. Elle évoque le stérilet en cuivre, qu’elle hésite à utiliser, ou le recours aux préservatifs, qui lui semblent moins sûrs. Elle précise que son partenaire n’est pas entièrement convaincu par cette option.

Le gynécologue Philippe Deruelle explique que l’efficacité de la pilule est d’environ 97% avec une bonne observance, contre 90% pour le préservatif. Caroline Brochet note une tendance en hausse : une « hormonophobie » chez les patientes, qui devient un phénomène notable dans sa pratique quotidienne.

Selon un baromètre de NéreS, les ventes de pilules contraceptives ont diminué de 17% en six ans. Parallèlement, d’autres moyens comme le stérilet en cuivre gagnent en popularité. Lila conclut : « En tout cas, c’est pénible d’être une femme ».

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