En France, le délai moyen entre l’arrivée d’un patient à l’hôpital et le début du traitement vasculaire pour un AVC est de 105 minutes. Ce délai dépasse de 15 minutes la durée recommandée. Il peut également augmenter dans les établissements qui ne disposent pas d’une salle d’angiographie dédiée à l’urgence ou lorsque le patient n’est pas identifié à l’avance comme victime d’un AVC. Il devient donc essentiel d’améliorer l’offre de soins et l’organisation des parcours.
Le développement de la neuroradiologie interventionnelle
Après une première phase de structuration lors du Plan AVC (2010-2014), l’offre de soins s’est encore renforcée. Depuis 2015, la pratique de la thrombectomie, un geste clé pour traiter certains AVC, s’est généralisée. Une quarantaine de centres de neuroradiologie interventionnelle pratiquent désormais cette intervention en routine. De plus, depuis 2018, 17 centres supplémentaires ont été ouverts, et d’autres sont en cours d’ouverture ou en discussion.
Optimisation des examens en phase hyper aiguë
Lorsqu’on suspecte un AVC, les examens d’imagerie tels que le scanner, l’angioscanner ou l’IRM sont essentiels. Ils permettent de déterminer le type d’AVC, sa localisation, son étendue, et d’orienter rapidement le traitement. Plus ces examens sont précoces, meilleures sont les chances de récupérer.
Une innovation prometteuse consiste à créer des unités neurovasculaires mobiles équipées d’un scanner. Testé actuellement au GHU Paris, ce dispositif pourrait à terme réaliser ces examens directement au chevet du patient, voire débuter le traitement sur place. Une autre piste est l’utilisation de l’échographie pour détecter l’AVC avant l’arrivée à l’hôpital. Cette technique pourrait permettre de visualiser en 3D les vaisseaux sanguins grâce aux ultrasons, aidant à décider si une thrombectomie est nécessaire.
La neuroprotection lors du transport
Plus le patient est éloigné du centre de soins, plus le temps de transport s’allonge et plus son état peut se dégrader. La neuroprotection, encore à l’étude, pourrait offrir une solution. Elle viserait à ralentir ou stopper la détérioration du cerveau pendant le trajet, en attendant de pouvoir administrer les traitements nécessaires.
Une organisation optimisée à l’arrivée à l’hôpital
Tout retard dans l’organisation des soins peut avoir des conséquences graves pour les victimes d’AVC. Si toute la chaîne de soins n’est pas informée de l’heure d’arrivée du patient, certains équipements, comme l’IRM, peuvent ne pas être disponibles à temps, ce qui entraîne des pertes de précieuses minutes.
Pour pallier cela, des outils connectés de synchronisation, tels que le programme ROMAIN, permettent aux équipes médicales de suivre le patient en temps réel dès sa prise en charge par le SAMU. Si le patient doit être intubé en route ou si l’ambulance subit un retard, les équipes en sont immédiatement informées, facilitant une réponse plus rapide et coordonnée.






