Les prescriptions de Ritaline (méthylphénidate) connaissent une forte augmentation en France. En octobre 2026, l’Assurance maladie a indiqué que le nombre de patients traités avec ce médicament avait augmenté de 122 % en quatre ans en Île-de-France, et de 142 % chez les adultes. La Ritaline est aujourd’hui un médicament clé dans la prise en charge du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant comme chez l’adulte. Justine Delestrées, pharmacienne, nous explique ce qu’il faut savoir sur ce traitement.
Qu’est-ce que la Ritaline ?
La Ritaline contient du méthylphénidate, un psychostimulant. Ce composé a une structure proche des amphétamines. Il agit en stimulant le système nerveux central, en augmentant notamment les niveaux de dopamine et de noradrénaline. En France, la Ritaline est un médicament administré par voie orale et classé comme stupéfiant. Sa prescription est limitée à 28 jours, avec une ordonnance sécurisée.
Quels sont les autres médicaments à base de méthylphénidate en France ?
Plusieurs médicaments contenant du méthylphénidate sont commercialisés en France : Ritaline®, Concerta LP®, Medikinet®, Quasym LP®. Ils diffèrent principalement par leur durée d’action et leur mode de libération.
Pourquoi la Ritaline est-elle prescrite ?
La Ritaline LP à libération prolongée est principalement prescrite chez l’adulte et l’enfant à partir de 6 ans pour traiter le TDAH. Chez l’adulte, cette prescription est réservée aux cas où le TDAH a un impact modéré à sévère sur la vie quotidienne, notamment dans le travail, la vie sociale ou familiale. Le diagnostic doit montrer que les symptômes remontent à l’enfance. La Ritaline à libération immédiate est principalement réservée à l’enfant. Elle est aussi indiquée pour la narcolepsie, avec ou sans cataplexie. Chez l’adulte, elle peut être prescrite si le traitement de première ligne, Modiodal®, est inefficace.
Quelles sont les indications pour les enfants ?
La Ritaline est indiquée chez l’enfant dès l’âge de 6 ans pour :
- Traiter le TDAH
- Traiter la narcolepsie, avec ou sans cataplexie
Pour le TDAH, la prescription intervient après l’échec des approches non médicamenteuses. La décision doit être prise par un médecin spécialiste qui établit le diagnostic, évalue la gravité et la chronicité des symptômes. Tous les enfants atteints de TDAH ne sont pas forcément éligibles à la Ritaline. Son objectif est d’aider à stabiliser les troubles du comportement, tels que l’attention limitée, la difficulté de concentration, l’impulsivité et l’agitation.
Quels sont les effets secondaires de la Ritaline ?
La Ritaline peut entraîner de nombreux effets indésirables. Parmi les plus courants, on trouve des troubles neurologiques comme nervosité, maux de tête, vertiges, somnolence, dépression ou insomnie. Des troubles cardiovasculaires, tels que palpitations, augmentation du rythme cardiaque ou hypertension, sont également rapportés. Au début du traitement, des troubles digestifs comme nausées, vomissements, douleurs abdominales ou sécheresse buccale sont fréquents. Prendre le médicament pendant le repas peut aider à réduire ces effets.
Des symptômes comme toux, rhinopharyngite, fièvre ou douleurs articulaires peuvent aussi apparaître. Chez les personnes épileptiques, le méthylphénidate peut réduire le seuil épileptogène. La perte d’appétit est aussi observée, pouvant conduire à un retard de croissance chez l’enfant ou à une perte de poids chez l’adulte. Des contrôles réguliers sont nécessaires : évaluation de l’état cardiovasculaire, suivi de la croissance chez l’enfant, et contrôle de l’état psychiatrique.
Quels signaux surveiller lors de la prise de Ritaline ?
Il est important de signaler rapidement tout signe ou symptôme inhabituels ou aggravés lors du traitement :
- Tics moteurs ou verbaux, contractions involontaires
- Comportements agressifs ou hostiles
- Agitation, anxiété ou nervosité
- Refus de manger ou perte d’appétit
- Hallucinations ou illusions
- Signes paranoïaques : méfiance, susceptibilité
- Symptômes dépressifs : tristesse, désespoir
- Sauts d’humeur ou agitation excessive
Il faut également rester vigilant face à d’éventuelles complications cardiovasculaires ou neurologiques. Les signes à surveiller comprennent notamment des palpitations, douleurs thoraciques, pertes de connaissance, difficultés respiratoires, maux de tête sévères, engourdissement, faiblesse ou paralysie d’un membre, ainsi que des troubles de la coordination ou du langage.






